Les salles de classe indonésiennes se vident de leurs élèves

Les salles de classe indonésiennes se vident de leurs élèves

Dans les provinces de Java-Centre et Java-Est, de nombreuses salles de première année d’école primaire sont restées complètement vides à la rentrée. Des villes telles que Ponorogo, Blitar, Tulungagung et Karanganyar n’ont enregistré aucun nouvel élève, incitant les autorités à envisager la fusion de plusieurs établissements, rapporte l’agence Antara.

“Les classes ressemblent à des cours particuliers,” confie une mère de famille de Surakarta, à Java-Centre, au Jakarta Post.

La situation est similaire à Kalimantan, où des fermetures d’écoles primaires publiques sont envisagées en raison du manque d’élèves, selon Jawa Pos.

La baisse de la fécondité contribue à ce phénomène. Entre 1971 et 2025, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 5,61 à 2,13, diminuant ainsi le vivier d’élèves. Malgré cette réduction des effectifs, le réseau scolaire a continué de s’étendre, avec plus de 10 000 nouvelles écoles primaires ouvertes dans l’archipel au cours des vingt dernières années.

Révision de la carte scolaire

Pour le Jakarta Post, l’Indonésie “continue de construire et d’entretenir un réseau scolaire pensé pour une structure démographique qui n’existe plus.” Cependant, la démographie n’explique pas tout. La perception de la qualité de l’enseignement public a également considérablement diminué. Peu d’enseignants maîtrisent suffisamment les mathématiques pour en enseigner les applications concrètes, et les évaluations sont souvent perçues comme une formalité administrative sans réel impact pédagogique. Au classement Pisa 2022, l’Indonésie se classe 70e en mathématiques parmi 81 pays.

Un fossé numérique est également présent entre les enseignants des zones urbaines et ceux des régions rurales ou frontalières. En conséquence, de plus en plus de familles se tournent vers l’enseignement privé. Les classes vides dans le secteur public constituent un “avertissement pour le gouvernement,” a déclaré mi-juillet la présidente de la Chambre des représentants, Puan Maharani, citée par Tempo, qui appelle à une révision de la carte scolaire.

Cependant, selon le Jakarta Post, cette révision pourrait enfermer les familles dans des zones où les écoles sont peu performantes et pousser celles qui en ont les moyens vers le privé. “Sans une réorganisation plus intelligente, fondée sur les données et adaptée aux réalités du terrain, l’enseignement primaire public risque de poursuivre son lent déclin, ne laissant derrière lui que des salles de classe vides et oubliées.”

Source : Antara, Jakarta Post, Jawa Pos, Tempo

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