Pourquoi la Russie envoie-t-elle ses missiles de pointe sur des granges sans importance ?
Les récentes déclarations de Vladimir Poutine ont provoqué une onde de choc au sein des cercles prorusses. Le président russe a affirmé que les missiles balistiques intermédiaires Oreshnik, initialement présentés comme une arme de représailles majeure, n’avaient pas été dirigés vers des cibles militaires. Cette affirmation surprenante a suscité incompréhension et colère parmi les commentateurs militaires russes.
Dans un entretien accordé à l’agence RIA Novosti, Poutine a minimisé l’importance de ces frappes, expliquant qu’elles visaient surtout à tester les systèmes « comme sur un terrain d’essai ». Selon lui, les impacts ont été volontairement dirigés vers des sites sans valeur stratégique, évoquant même une simple grange. Cela aurait permis une analyse précise des résultats grâce à des drones envoyés après coup.
Cette justification est perçue par de nombreux observateurs comme une tentative de masquer un échec. Présenter des frappes ratées comme intentionnelles pourrait préserver l’image d’une arme considérée comme révolutionnaire. L’Oreshnik s’inscrit dans une logique de démonstration technologique, capable de changer le cours de la guerre.
Les frappes du 24 mai 2026 devaient marquer une escalade. En réponse à une attaque ukrainienne contre un centre de formation de drones en Russie, Moscou a lancé deux missiles Oreshnik, accompagnés de centaines de drones et de dizaines d’autres missiles. L’objectif semblait clair : infliger des dégâts massifs.
Sur le terrain, les résultats sont mitigés. À Bila Tserkva, près de Kiev, l’un des missiles s’est fragmenté en sous-munitions qui ont touché des infrastructures civiles, notamment une rangée de garages. Des images montrent des dégâts limités, mais l’analyse des impacts révèle des éléments techniques intéressants.
Chaque missile se divise en plusieurs sous-munitions, dont la puissance individuelle équivaut à plusieurs dizaines de kilos de TNT. Les cratères observés correspondent aux estimations théoriques, suggérant que les performances balistiques sont conformes aux attentes, même si l’efficacité opérationnelle reste discutable.
La seconde frappe, localisée dans une zone contrôlée par la Russie dans la région de Donetsk, n’a causé ni pertes humaines ni dégâts significatifs. Poutine a confirmé que ces zones avaient été choisies pour faciliter l’évaluation des impacts, les drones russes étant ensuite déployés pour mer précisément les résultats. Cependant, ces explications n’ont pas convaincu les blogueurs militaires russes, généralement favorables au Kremlin.
Ces opérations pourraient avoir des conséquences stratégiques plus larges. Des composants récupérés sur les missiles auraient déjà été analysés par l’Ukraine et ses alliés, compromettant potentiellement des informations sensibles. Pendant ce temps, les frappes ukrainiennes continuent de viser des infrastructures russes, tandis que de nouveaux missiles balistiques ukrainiens sont attendus prochainement.
Source : RIA Novosti, Forbes.
