Sur LinkedIn, vous allez enfin pouvoir dénoncer tous les posts IA insupportables

LinkedIn met en place un bouton pour signaler les publications générées par IA

Quatre longues publications sur dix seraient générées par une intelligence artificielle (IA). Pour y remédier, LinkedIn a introduit un bouton permettant aux utilisateurs de signaler ces contenus, juste trois jours avant l’entrée en vigueur d’une réglementation de l’Union européenne sur le marquage des contenus générés par IA.

Le réseau social professionnel a développé une esthétique reconnaissable, caractérisée par un style de rédaction particulier. Les publications suivent souvent une structure en trois enseignements, avec des anecdotes personnelles qui mènent à des leçons de management. Cette tendance a été identifiée par des modèles de langage, qui reproduisent ces tics. Face à cette situation, LinkedIn a décidé de prendre des mes.

Un bouton qui dénonce la « bouillie »

En cliquant sur les trois points en haut de chaque publication, les abonnés peuvent désormais trouver une option intitulée « Seems like AI slop », qui n’a pas encore été traduite en français. Cette fonctionnalité est déjà déployée, et en signalant un contenu, le réseau informe les utilisateurs que leur action contribue à améliorer le fil d’actualité. Le directeur produit de LinkedIn a confirmé que la lutte contre ces contenus est une priorité pour la plateforme.

Le choix du terme « slop » reflète un mépris pour les contenus jugés peu qualitatifs, marquant un changement dans la manière dont LinkedIn aborde cette problématique.

Une évaluation de l’ampleur du phénomène

Selon une analyse de Pangram, qui a examiné plus d’un million de publications sur cinq plateformes, 41 % des publications longues sur LinkedIn et 30 % des courtes seraient issues d’un modèle de langage. Toutefois, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, car l’échantillon provient d’une extension de navigateur installée volontairement, ce qui ne garantit pas sa représentativité.

La gestion des contenus et la régulation à venir

LinkedIn a tenté d’autres mes, comme la rétrogradation des publications jugées génériques. Un système de détection interne, crédité d’une fiabilité de 94 %, a été mis en place pour trier ces contenus. Le signalement par les abonnés transforme les utilisateurs en modérateurs bénévoles, mais repose sur un jugement subjectif.

Par ailleurs, LinkedIn propose un assistant de rédaction par IA à ses abonnés payants, et la maison mère de LinkedIn figure parmi les principaux financeurs d’OpenAI. La création de contenu sur la plateforme a augmenté de 14 % en un an, ce qui pourrait être lié à ces développements.

Le 2 août, les obligations de transparence prévues par l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) entreront en vigueur. Ce texte impose un marquage lisible par machine des contenus générés, ainsi qu’un étiquetage visible pour les publications d’intérêt général. Les sanctions peuvent atteindre jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial.

Cependant, ces obligations ne concernent pas LinkedIn directement, mais plutôt les utilisateurs qui publient des contenus générés par IA. Le bouton de signalement reste une initiative volontaire, et la coïncidence avec la réglementation européenne soulève des questions sur l’impact de cette me.

Source : LinkedIn

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *