Reportage : « Vers midi, il y a eu l’étincelle fatidique »
En Gironde, près de 200 000 personnes ont pu regagner leur domicile, sur un total de 220 000 déplacés depuis le début de l’incendie, le plus vaste en superficie en France depuis 1949. Une étincelle a suffi pour dévaster le travail des sylviculteurs.
C’est dans un fossé adjacente à la parcelle de pins d’André Prouvoyeur que tout a commencé, le 22 juillet dernier. « Une entreprise était là qui faisait du débroussaillement sous la ligne à moyenne tension, et vers midi, il y a eu l’étincelle fatidique au fond du fossé », raconte le sylviculteur. Dix jours plus tard, le 1er août, le mégafeu qui a dévoré 42 000 hectares en Gironde est toujours « pas fixé » mais « contenu », selon les pompiers qui évoquent une nuit « plutôt clémente ».
André Prouvoyeur explique : « On a été prévenus un quart d’heure après. Le temps d’arriver de la maison, le bois devant nous était déjà brûlé et tout brûlait à une vitesse infernale ». Les 60 hectares de pins de Prouvoyeur sont ravagés en quelques heures, représentant plusieurs dizaines de milliers d’euros partis en fumée. Bien que la plupart des pins soient encore debout, leur valeur est désormais considérablement réduite.
« Un pin, dès qu’il a un coup de feu comme ça, ça chute en prix immédiatement », confirme Prouvoyeur. Il n’est pas certain de pouvoir vendre son bois, car, faute de bûcherons disponibles rapidement, certains arbres risquent de moisir. « On est dans l’expectative. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer », ajoute-t-il.
En attendant des nouvelles, Prouvoyeur envisage de porter plainte, probablement contre X, pour espérer être indemnisé. La mairie de Saumos réfléchit également à une action, car elle détient la plus grande parcelle de pins de la commune, avec 850 hectares détruits à 80 %. Le maire, Didier Chautard, déclare : « On a tout perdu au niveau des pins qui ont plus de dix ans, ce qui fait que notre commune se retrouve avec 30 % de moins dans les dix années à venir pour le budget ». La perte est estimée à 300 000 euros pour cette commune de 550 habitants.
Chautard souligne que ces 300 000 euros, qui arrivaient chaque année, permettaient des investissements. « Là, on va tout stopper et regarder ce qu’on va pouvoir faire », précise-t-il. La mairie a lancé une cagnotte en ligne pour solliciter des dons, afin d’éviter une augmentation des impôts qui pénaliserait davantage les habitants. En plus des pertes forestières, une dizaine de maisons ont également été détruites sur la commune.
Source : Franceinfo


