En région parisienne, 96% des logements présentent un excédent de pièces
Une récente étude menée par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le Centre d’analyse et de prévisions immobilières (Capem) et le laboratoire ESPI2R révèle que 96% des logements en Île-de-France affichent un excédent de pièces par rapport à la structure des ménages. Alors que la taille des ménages continue de diminuer, il serait nécessaire de construire environ 200 000 appartements de deux pièces (T2) supplémentaires d’ici 2030 pour répondre aux besoins croissants.
Ce phénomène, qualifié de « paradoxe francilien » par la FPI, se manifeste alors que, selon l’Insee, 37% des ménages franciliens étaient composés d’une seule personne en 2018, un chiffre qui pourrait atteindre 41% d’ici 2050. Malgré cela, la quasi-totalité des logements existants sont jugés trop grands pour les besoins actuels.
L’étude, qui a analysé les données de l’Insee sur la structure des ménages entre 2006 et 2021, a mis en évidence que la majorité des appartements de trois pièces sont équilibrés, tandis que les T4 et T5 sont en surplus. En revanche, les studios et T2 sont sous-représentés.
Ce déséquilibre s’explique en partie par la faible rotation du parc immobilier, qui s’établit à environ 2,3% en France, selon la Fédération nationale de l’immobilier. Cette situation est exacerbée par la hausse des taux d’intérêt, qui incite les propriétaires à rester dans leur logement plutôt qu’à vendre.
Julien Pemezec, co-président de la FPI Île-de-France, souligne que l’espace est inégalement réparti sur le territoire, ce qui complique l’accès à des logements adaptés aux besoins actuels.
De plus, la pression sur le marché locatif pousse certaines communes à privilégier la construction de logements familiaux, alors que les promoteurs rencontrent des difficultés à vendre des programmes répondant à cette demande. Les normes imposées par les plans locaux d’urbanisme, qui incluent des seuils pour la taille des salons, sont également critiquées comme une forme de standardisation.
Enfin, avec un objectif de construction de 70 000 logements par an fixé par le Schéma directeur de la région d’Île-de-France (SDRIF), le rythme actuel de production reste insuffisant pour répondre à cette demande croissante.
Source : Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), Centre d’analyse et de prévisions immobilières (Capem), laboratoire ESPI2R.
