80 enfants dorment dans la rue en Centre-Val de Loire
Comme chaque année depuis 2019, à la veille de la rentrée scolaire, la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) et l’UNICEF France ont publié leur baromètre « Enfants à la rue ». En dépit des engagements politiques affichés depuis 10 ans, le « sans-abrisme infantile » ne cesse d’augmenter.
Dans la nuit du 18 au 19 août 2026, en France, au moins 2 355 enfants, dont 514 de moins de 3 ans, se sont retrouvés sans solution d’hébergement après avoir appelé le 115. En Centre-Val de Loire, la FAS et l’UNICEF ont dénombré 80 enfants, dont 11 de moins de 3 ans. Ce chiffre représente une augmentation de 16 % par rapport à 2025 et de 105 % par rapport à 2022.
Les auteurs du baromètre précisent que ces données, déjà alarmantes, sont probablement sous-estimées. Séverine Demoustier, directrice régionale de la FAS, souligne que de nombreuses personnes n’appellent plus le 115 en raison de réponses négatives répétées ou de l’impossibilité d’atteindre un interlocuteur, les services étant saturés. De plus, certains parents ont trouvé un squat ou un campement, et les mineurs non accompagnés ne sont pas comptabilisés, avec une estimation de plus d’un millier en France.
Cette situation, qualifiée de « brutale et indigne », a des conséquences dramatiques. Séverine Demoustier rappelle que « la rue n’est pas un lieu où un enfant peut grandir ». Elle évoque les troubles psychiques, les problèmes de santé, ainsi que l’isolement social que subissent ces enfants. En 2025, le collectif Les morts de la rue a enregistré la mort de 14 enfants de moins de 4 ans et de 12 adolescents entre 15 et 18 ans, victimes de cette situation.
Le nombre croissant d’enfants sans abri est perçu comme le résultat de « décisions politiques qui laissent perdurer l’inacceptable ». La directrice régionale déclare qu’il existe un manque de volonté politique au niveau national. Bien que 900 places d’hébergement d’urgence aient été créées en six ans dans la région, cela reste insuffisant face aux besoins. La situation du logement est également préoccupante, avec une tension sur l’accès au logement dans tous les territoires du Centre-Val de Loire.
L’UNICEF France et la FAS estiment que leur baromètre témoigne de l’échec d’un double quinquennat qui avait pourtant affiché l’objectif de « zéro enfant à la rue ». À l’approche des élections présidentielles de 2027, ces organisations demandent que la lutte contre le sans-abrisme infantile devienne une priorité nationale. Elles réclament le maintien de la capacité du parc d’hébergement à 203 000 places au niveau national, ainsi que la création de 10 000 places supplémentaires, dont 2 500 réservées aux femmes enceintes ou sortant de maternité.
En Centre-Val de Loire, la FAS représente 25 associations, dont le rôle est essentiel dans le soutien aux personnes sans-abri. Cependant, ces associations font face à une diminution des subventions et de leur financement. Une mobilisation est prévue la semaine du 10 octobre pour soutenir un accompagnement de qualité pour les personnes les plus fragiles.
Source : Fédération des Acteurs de la Solidarité, UNICEF France.
