Les maçons et les carreleurs, métiers les plus exposés aux aléas climatiques
Pour s’adapter aux canicules, aux intempéries et au froid, 70 % des entreprises artisanales du bâtiment et des travaux publics (BTP) ont déjà modifié leurs horaires de travail. Dans plusieurs départements, les travailleurs sont désormais autorisés à commencer leur journée dès 5 heures du matin. Le ministère du Travail a également signalé que 1.400 contrôles avaient été effectués en un mois. Ce jeudi, le thermomètre affichait 37,5 degrés à Paris à midi.
Face à ces vagues de chaleur, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) a réalisé un sondage auprès de 2.200 de ses adhérents, révélant que 70 % des artisans du bâtiment doivent adapter leurs horaires. Le gouvernement a précisé qu’une dizaine de départements avaient mis en place des arrêtés permettant de suspendre les chantiers si nécessaire. Ce jeudi 25 mai, les températures avaient déjà atteint 34 degrés à 10 heures dans la station météorologique de Paris-Montsouris.
La canicule est l’aléa climatique le plus impactant pour les artisans du bâtiment, devant les précipitations et les inondations, ainsi que le froid et la neige. Sept artisans sur dix ont constaté une augmentation de la fréquence de ces événements climatiques au cours des cinq dernières années. Ces épisodes peuvent avoir des conséquences sur la santé des travailleurs.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a affirmé : « Il ne faut pas être égoïste, il faut d’abord penser à la santé des salariés. » Il a également rappelé que depuis un décret de 2025, les employeurs doivent mettre en place des mes pour protéger leurs salariés contre la chaleur, incluant l’adaptation des horaires, l’augmentation des pauses et la mise à disposition d’eau fraîche.
Des retards sur les chantiers pour 58 % des entreprises
Ces conditions climatiques entraînent des retards sur les chantiers pour 58 % des artisans interrogés. Environ 1.000 à 1.300 entreprises ont évalué des pertes médianes de 5 jours de travail et 4.800 euros de chiffre d’affaires. La Capeb souligne que certains métiers, tels que la maçonnerie et le carrelage, sont plus exposés, tandis que d’autres, comme l’électricité ou la plomberie-chauffage, sont moins touchés.
Pour s’adapter, 70 % des entreprises ont modifié leurs horaires de travail, 28 % ont investi dans des vêtements techniques, et 8 % ont eu recours au chômage intempéries. Le ministre a rappelé que « chaque chef d’entreprise est responsable de la santé de ses salariés. » Le 26 mai, un tragique incident a rappelé cette réalité : un jeune travailleur de 19 ans est décédé après avoir travaillé sur un toit en pleine canicule.
Une proposition émerge : le « congé climatique »
Dans le débat public, le parti des Écologistes a proposé la création d’un « congé climatique » de 5 jours par an, permettant aux travailleurs de faire face à des événements climatiques extrêmes sans perte de revenus. Cette initiative s’inspire d’un modèle espagnol adopté en novembre 2024.
Cependant, Patrick Martin, président du Medef, a exprimé des réserves sur cette proposition, soulignant que cela pourrait réduire la productivité et poser des défis financiers pour l’électrification des infrastructures.
Source : BFM TV.