Heures supplémentaires : 67% des apprentis concernés, mais sans compensation systématique
Heures supplémentaires, horaires atypiques, pénibilité physique : les jeunes en contrat d’apprentissage ne sont pas ménagés, selon une étude du ministère du Travail.
D’après les résultats d’une enquête menée auprès de 8 000 jeunes en apprentissage entre 2018 et 2019, 67% des apprentis déclarent réaliser des heures supplémentaires. Parmi eux, environ la moitié effectue ces heures de manière occasionnelle ou régulière, et 28% le font souvent, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture, le bâtiment et les métiers de bouche.
Bien que les heures supplémentaires ne soient pas interdites pour les apprentis, elles sont strictement encadrées pour les mineurs. Ces derniers peuvent en faire exceptionnellement, avec l’accord de l’inspection du travail. Cependant, l’étude révèle que ces heures ne sont pas systématiquement compensées en salaire ou en temps de repos. En effet, 41% des apprentis indiquent que cela se produit « parfois ou jamais », ce qui est contraire à la législation en vigueur.
Par ailleurs, deux tiers des apprentis travaillent sur des horaires atypiques, tels que tôt le matin, tard le soir, ou durant le week-end. Dans un tiers des cas, les changements d’horaires sont communiqués seulement la veille ou le jour même. De plus, 80% des apprentis sont exposés à des conditions de travail pénibles, notamment aux fumées, à la poussière et aux températures élevées.
Ces données, bien que révélatrices, datent de plusieurs années et n’ont pas été actualisées depuis. L’absence de nouvelles enquêtes soulève des interrogations sur l’évolution des conditions de travail des apprentis, surtout dans un contexte où le nombre de contrats d’apprentissage a considérablement augmenté.
Source : Ministère du Travail, Dares.
