Kill switch américain : 54 % des entreprises européennes ne tiendraient pas une journée

Les entreprises européennes face à la menace d’un « kill switch » américain

Les entreprises européennes craignent presque autant une coupure d’accès imposée par un fournisseur américain qu’une cyberattaque. Cependant, peu d’entre elles sont préparées à gérer une telle situation. C’est le principal résultat d’une enquête menée par Proton auprès de 1 500 dirigeants d’entreprises au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

Cette inquiétude s’est intensifiée depuis que le département du Commerce américain a ordonné, en juin 2026, la suspension de l’accès des ressortissants étrangers aux modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic. Ce contexte souligne l’importance de la continuité d’activité pour les entreprises.

L’enquête a été réalisée entre le 15 et le 24 juillet 2026, avec 500 répondants par pays. Les participants, impliqués dans les décisions technologiques, proviennent principalement des secteurs de la santé (26 %), de la technologie et du logiciel (22 %), des services aux entreprises (15 %), ainsi que de l’éducation et de la recherche (15 %).

Le « kill switch » américain : une menace perçue au même niveau que les cyberattaques

Selon l’enquête, 74 % des dirigeants interrogés redoutent qu’un fournisseur technologique américain ne désactive leur accès, un niveau de crainte similaire à celui d’une cyberattaque. Ce constat révèle une préoccupation croissante pour les menaces géopolitiques, qui sont désormais considérées comme des risques à égalité avec les menaces informatiques.

En France, la peur d’une coupure d’origine étatique dépasse celle des cyberattaques, contrairement au Royaume-Uni où la crainte des rançongiciels est prédominante. L’Allemagne, pour sa part, affiche des niveaux d’inquiétude similaires, mais à un niveau globalement plus bas.

Cette situation influence les choix des entreprises. 56 % des dirigeants prennent désormais en compte le risque géopolitique dans leur sélection de fournisseurs. En outre, plus des deux tiers des répondants envisagent de changer de prestataire si un gouvernement étranger bloquait l’accès à un service essentiel.

Plans de continuité : une couverture insuffisante

Bien que 94 % des entreprises affirment disposer d’un plan de continuité d’activité, la réalité est plus nuancée. En effet, 44 % des dirigeants testent régulièrement leur plan, tandis que 36 % ne le testent jamais et 13 % le jugent informel.

L’enquête révèle également que 86 % des entreprises ont connu au moins une perturbation au cours des douze derniers mois, qu’il s’agisse d’une panne, d’une cyberattaque ou d’une perte d’accès. 54 % des entreprises ne peuvent pas tenir plus d’un jour ouvré sans leurs outils numériques, dont 10 % moins d’une heure.

Sur le plan des solutions de secours, aucune technologie n’est couverte par plus d’un tiers des entreprises. La messagerie électronique est la mieux protégée, avec 34 % des entreprises disposant d’une solution de continuité.

Conséquences financières d’une interruption

Les entreprises anticipent des pertes financières significatives en cas d’interruption. 29 % des grandes entreprises s’attendent à perdre plus de 100 000 € pour une seule journée d’interruption. Les impacts opérationnels, tels que l’incapacité à servir les clients et à maintenir la productivité des équipes, sont cités comme les conséquences les plus préoccupantes.

Ces résultats soulignent les défis auxquels font face les entreprises européennes face à des menaces géopolitiques et informatiques croissantes.

Source : Proton

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *