Une comète interstellaire vieille de 11 à 12 milliards d’années observée dans le Système solaire
Il y a près d’un an, le réseau de télescopes Atlas (Système d’alerte ultime d’impact d’astéroïdes) a détecté un objet interstellaire traversant le Système solaire. Baptisé « 3I/Atlas », cet objet a été observé à une vitesse record de 221 000 kilomètres par heure, atteignant 246 000 kilomètres par heure à son approche du Soleil. Sa trajectoire hyperbolique confirme qu’il s’agit d’un visiteur temporaire, en transit vers d’autres régions de la Galaxie.
Pour les astrophysiciens, 3I/Atlas représente une opportunité unique d’étudier un échantillon d’un monde formé autour d’une étoile différente, probablement disparue. Des analyses isotopiques ont été menées pour déterminer les conditions de sa formation et son âge. L’équipe dirigée par Martin Cordiner, du centre Goddard de la NASA, a utilisé des observations du télescope spatial JWST, tandis que d’autres chercheurs de l’université d’Édimbourg et de l’université de Liège ont utilisé des données du Very Large Telescope (VLT) au Chili.
3I/Atlas est le troisième visiteur interstellaire identifié dans notre Système solaire, après 1I/Oumuamua en 2017 et 2I/Borissov en 2019. Ce dernier se distingue par son diamètre estimé à 2,6 kilomètres, son activité plus intense que celle de 2I/Borissov et sa vitesse exceptionnelle. À me qu’il s’est rapproché du Soleil, la comète a dégazé de l’eau, du dioxyde de carbone et du monoxyde de carbone, révélant également des traces de nickel et de fer.
Les mes isotopiques ont montré un rapport deutérium/hydrogène (D/H) de 0,98 %, bien supérieur à celui des comètes du Système solaire. Le rapport carbone 12 sur carbone 13 (¹²C/¹³C) se situe entre 141 et 191 pour le dioxyde de carbone, et entre 123 et 172 pour le monoxyde de carbone, indiquant des conditions de formation anciennes et pauvres en éléments lourds.
Ces résultats suggèrent que 3I/Atlas est né dans un environnement stellaire intense il y a environ 11 à 12 milliards d’années, bien avant la formation du Système solaire, qui date de 4,6 milliards d’années. Les chercheurs espèrent que les avancées technologiques permettront d’identifier davantage de ces voyageurs interstellaires, offrant ainsi des perspectives nouvelles sur l’histoire de notre Galaxie.
Source : Pour la Science

