Les « années en 6 » : Une histoire de luttes sociales
En 2026, la Confédération Générale du Travail (CGT) commémore les conquêtes syndicales à travers le prisme des « années en 6 », marquées par des moments décisifs pour le mouvement ouvrier. Ces événements, de 1896 à 2016, révèlent un parcours jalonné de luttes et de conquêtes, tout en posant des questions toujours d’actualité sur la solidarité et l’organisation des travailleurs.
1896 : s’organiser pour ne plus subir
Lors de son deuxième congrès à Tours en 1896, la CGT, créée un an plus tôt, commence à structurer son action face à un patronat dominateur. Ce congrès pose les bases d’un syndicalisme de masse, question toujours pertinente aujourd’hui.
1906 : une ligne de conduite claire
La Charte d’Amiens, adoptée dix ans plus tard, définit les principes fondamentaux du syndicalisme, tels que la « double besogne » et l’indépendance des partis politiques, des Églises et du patronat. Ces principes continuent d’orienter l’action syndicale actuelle.
1936 : des conquêtes arrachées par la grève
La réunification de la CGT et de la CGTU au congrès de Toulouse renforce considérablement le mouvement syndical. Les grèves massives et les occupations d’entreprises conduisent à des avancées majeures : congés payés, semaine de 40 heures, et reconnaissance des conventions collectives. Ces conquêtes montrent que les droits sociaux sont le fruit d’une action collective.
1946 : faire entrer la démocratie dans l’entreprise
L’après-guerre, marqué par l’engagement de la CGT dans la Résistance, voit la création des comités d’entreprise, permettant aux salariés d’intervenir dans la vie de l’entreprise. Cette période renforce également les droits collectifs et la protection sociale, avec la mise en place de la Sécurité sociale.
2006 : une mobilisation d’ampleur qui fait reculer le gouvernement
Le projet de Contrat première embauche (CPE) provoque une large contestation. La mobilisation des jeunes et des travailleurs, à travers grèves et manifestations, conduit finalement au retrait du texte par le gouvernement, illustrant la capacité d’action collective à influer sur les décisions politiques.
2016 : un signal d’alerte
La loi Travail soulève une forte opposition, avec des manifestations massives et des grèves dans plusieurs secteurs. Malgré cette mobilisation, le gouvernement choisit de passer en force, révélant un décalage entre la contestation publique et l’ancrage des luttes dans les lieux de travail.
Une histoire qui continue de s’écrire
Les « années en 6 » ne tracent pas un chemin linéaire, mais illustrent un processus de luttes, d’avancées et de reculs. En 2026, face à la montée des idées d’extrême droite et aux attaques contre les droits collectifs, la CGT s’engage à faire vivre cette histoire à travers des initiatives, telles qu’une exposition itinérante et un colloque sur l’héritage de 1936.
Source : CGT
