2 900 vaches bloquées deux mois en mer : que sait-on du « cargo de l’horreur » ?
Un incident tragique vient d’être signalé, impliquant le cargo Spiridon II, qui a transporté 2 901 vaches depuis Montevideo, en Uruguay, vers la Turquie. Après un voyage d’un mois, le navire est resté ancré au large de Bandirma pendant un mois supplémentaire, empêché de débarquer en raison de l’absence de certificats sanitaires et commerciaux appropriés. Parmi ces bovins, 1 400 étaient gestantes. Des rapports indiquent que plusieurs dizaines de vaches seraient mortes et plus d’une centaine auraient mis bas dans des conditions désastreuses.
Le gouvernement uruguayen a annoncé, le 24 novembre, que les animaux ont finalement débarqué en Libye « en bonne santé ». Cependant, cet événement est perçu par les associations de défense des animaux comme « l’un des pires cas de transport d’animaux vivants de l’histoire récente ».
La Fondation pour le bien-être animal (Animal Welfare Foundation, AWF) a demandé une enquête internationale, s’inquiétant d’un possible déversement de cadavres en mer. Dix jours avant l’annonce du débarquement, l’AWF avait déjà alerté sur le blocage du cargo, signalant la mort d’au moins 58 bovins durant la traversée et précisant qu’au moins 140 vaches avaient mis bas à bord.
Des images satellitaires ont montré que le pont du navire était vide, soulevant des questions quant à un éventuel déversement d’animaux morts. L’extinction du signal du navire pendant trois jours a également été notée, ce qui pourrait indiquer une tentative d’éviter des contrôles. La Fondation a appelé à une enquête immédiate de l’Organisation mondiale de la santé animale et de l’Organisation maritime internationale.
Des camions transportant des animaux ont été observés quittant le port libyen de Benghazi, où le navire a été dérouté. Au moins une partie des 3 000 bêtes a été débarquée en Libye, un pays connu pour son manque de contrôle en matière de bien-être animal.
L’Uruguay a évoqué un désaccord entre l’exportateur et l’importateur, et a précisé que des inspections avaient révélé que certains animaux n’étaient pas munis de boucles auriculaires ou de puces d’identification électronique, ce qui a conduit à l’interdiction d’entrée du bétail en Turquie.
La situation a suscité de vives réactions, les ONG appelant à une interdiction du transport d’animaux vivants en haute mer. La souffrance de ces animaux pourrait renforcer la pression politique pour mettre fin à ces pratiques.
Source : France 24