170 millions de trous noirs dans la Voie lactée : et si certains étaient en réalité des trous de ver ?

170 millions de trous noirs dans la Voie lactée : et si certains étaient en réalité des trous de ver ?

Cela fait environ 60 ans que la communauté scientifique a commencé à prendre au sérieux le concept de trou noir et son existence dans l’Univers observable. D’un point de vue expérimental, la découverte des quasars et, d’un point de vue théorique, les travaux de Roger Penrose ont contribué à changer les idées sur ces objets prédits par la théorie de la relativité générale d’Einstein.

Un trou noir est défini par l’existence d’un horizon des événements, une surface fermée délimitant une région de l’espace-temps d’où l’on ne peut sortir sans dépasser la vitesse de la lumière. L’état de la matière et de l’espace-temps à l’intérieur d’un trou noir reste inconnu. Des effets de gravitation quantique et des modifications des équations de la relativité générale d’Einstein pourraient altérer la prédiction de l’occurrence d’une singularité de l’espace-temps au cœur des solutions de trous noirs.

Les astrophysiciens évaluent depuis longtemps le nombre de trous noirs dans les galaxies, en particulier dans la Voie lactée, en raison de l’évolution des étoiles plus lourdes que 8 masses solaires. Selon la théorie de la structure et de l’évolution stellaire, ces étoiles massives devraient finir leur vie en supernova, menant à l’effondrement gravitationnel de leur cœur, formant ainsi des trous noirs stellaires ou des étoiles à neutrons.

Récemment, une équipe dirigée par l’astrophysicien Tom Wagg du Flatiron Institute a estimé que la Voie lactée devrait contenir environ 170 millions de trous noirs de masse stellaire. Cette estimation repose sur des simulations numériques de l’évolution des étoiles dans la Voie lactée, indiquant qu’il y aurait un trou noir pour environ 216 500 années-lumière cubes. Cela correspond à un trou noir formé en moyenne tous les 80 ans au cours des 13,6 milliards d’années d’histoire de la galaxie.

Cependant, certains théoriciens suggèrent que les trous noirs que nous observons pourraient en réalité être des trous de ver, des ponts de l’espace-temps permettant de voyager rapidement entre les étoiles. Des observations menées par des télescopes comme RadioAstron et l’Event Horizon Telescope ont tenté de valider cette hypothèse.

En conclusion, le débat sur la nature des trous noirs et la possibilité qu’ils soient des trous de ver reste ouvert. Les avancées en astrophysique et les nouvelles découvertes continueront de façonner notre compréhension de ces phénomènes cosmiques.

Source : Futura Sciences

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