Le télescope James Webb cartographie 164 000 galaxies, révélant un paradoxe cosmique
Le télescope spatial James Webb a récemment achevé le plus vaste relevé jamais réalisé, cartographiant 164 000 galaxies afin de reconstituer la toile cosmique, la plus grande structure connue de l’univers. Cette étude, publiée dans The Astrophysical Journal, met en lumière un paradoxe inattendu : alors que les régions denses de l’univers primitif favorisaient la formation d’étoiles, elles semblent aujourd’hui inhiber ce processus.
La toile cosmique, qui structure l’univers à grande échelle, est constituée de filaments de gaz, d’étoiles et de matière noire, entrecoupés de vastes vides cosmiques. L’équipe internationale de chercheurs, dirigée par l’Université de Californie à Riverside, a utilisé le programme COSMOS-Web, qui a nécessité 255 heures d’observation. Ce relevé couvre une zone du ciel équivalente à trois pleines lunes, offrant une précision inédite par rapport aux précédentes observations réalisées par le télescope Hubble.
Les résultats montrent un renversement de rôle des environnements denses au cours des âges de l’univers. Initialement, ces zones étaient des foyers de croissance galactique rapide, mais elles sont désormais associées à un arrêt de la formation stellaire. « Nous montrons comment la toile cosmique a contribué à façonner la croissance des galaxies à travers le temps », a déclaré Hossein Hatamnia, astronome et co-auteur de l’étude.
L’étude a également identifié deux mécanismes distincts expliquant pourquoi les galaxies cessent de former des étoiles. Jusqu’à environ 7 milliards d’années après le Big Bang, des mécanismes liés à la masse dominaient. Actuellement, c’est l’environnement galactique qui joue un rôle central, dépouillant les galaxies de leur matière ou empêchant l’accumulation de gaz froid nécessaire à la formation d’étoiles.
Les données de cette recherche, accessibles au public, ouvrent la voie à de futures études dans le domaine de l’astronomie.
Source : The Astrophysical Journal
