Les ménages ligériens en tête pour le recours aux services à la personne
Entretenir sa maison, son jardin, réaliser des petits travaux, recevoir une aide à domicile ou garder ses enfants : en 2019, 300 000 ménages dans les Pays de la Loire ont eu recours aux services à la personne. Ce chiffre représente un taux de recours de 18,2 %, le plus élevé de France, contre 13,9 % en France métropolitaine. Malgré une proportion relativement moins élevée de ménages aisés et de ménages âgés dans la région, l’utilisation des services à la personne est plus fréquente dans les Pays de la Loire, indépendamment de l’âge, du niveau de vie ou de la composition du ménage. Cela pourrait être attribué à des spécificités de l’offre locale, telles qu’un maillage associatif ancien et une bonne accessibilité territoriale. En 2019, la moitié des foyers ligériens utilisateurs de ces services y consacraient moins de 1 170 € par an, contre 1 430 € en France métropolitaine.
La Vendée (19,8 %), la Mayenne (19,6 %) et le Maine-et-Loire (19,0 %) se distinguent comme les départements où les ménages font le plus appel aux services à la personne. Dans certaines zones d’emploi, comme celles des Sables-d’Olonne, de Cholet, de Château-Gontier-sur-Mayenne, des Herbiers-Montaigu et de Laval, plus d’un ménage sur cinq est concerné. Le taux de recours est plus modéré en Loire-Atlantique et dans la Sarthe, mais demeure au-dessus de la moyenne nationale dans toutes les zones d’emploi des Pays de la Loire.
D’ici 2050, 100 000 ménages supplémentaires auraient recours aux services à la personne
Selon des projections démographiques, d’ici 2050, les Pays de la Loire pourraient compter environ 100 000 ménages utilisateurs de services à la personne supplémentaires par rapport à 2019. Cette augmentation de 35 % serait supérieure à celle observée en France métropolitaine (+27 %). Le vieillissement de la population expliquerait l’essentiel de cette hausse, représentant une augmentation de 22 %, tandis que l’augmentation globale du nombre d’habitants et l’évolution des modes de cohabitation contribueraient respectivement à hauteur de 11 % et 2 %.
Ainsi, entre 2019 et 2050, la demande de services à la personne serait principalement portée par les ménages utilisateurs de 80 ans ou plus, qui devraient atteindre 150 000, soit presque le double par rapport à 2019. Les ménages utilisateurs de 65 à 79 ans contribueraient également à cette hausse, passant de 70 000 à 100 000. En revanche, avant 65 ans, l’évolution du nombre de ménages utilisateurs resterait stable.
La demande augmenterait davantage à l’ouest de la région
Entre 2019 et 2050, le nombre de ménages utilisateurs de services à la personne devrait augmenter dans l’ensemble des Pays de la Loire. La hausse serait particulièrement marquée en Vendée et en Loire-Atlantique, où elle dépasserait la moyenne nationale dans toutes les zones d’emploi. À Pornic, par exemple, la hausse pourrait atteindre 74 %. Dans la plupart de ces zones, le nombre de ménages utilisateurs de 80 ans ou plus pourrait doubler, surtout sur le littoral. La zone d’emploi de Nantes se démarque en affichant une croissance liée principalement au dynamisme démographique plutôt qu’au vieillissement.
À l’inverse, la Sarthe et la Mayenne devraient connaître une hausse inférieure à la moyenne nationale, bien que la croissance du nombre d’utilisateurs de 80 ans ou plus y soit significative, dépassant 50 % dans la plupart des zones d’emploi. Certaines zones, comme La Ferté-Bernard et Mayenne, pourraient voir leur croissance limitée par une baisse de la population.
Enfin, en Maine-et-Loire, la demande de services à la personne progresserait à un rythme comparable à la moyenne nationale, avec une augmentation d’au moins 50 % du nombre d’utilisateurs de 80 ans ou plus dans ses zones d’emploi.
Encadré – Des besoins croissants de salariés d’ici 2050
En 2019, près de 60 000 salariés étaient employés dans les services à la personne dans les Pays de la Loire, la majorité à temps partiel. Si la consommation de services continue d’augmenter au même rythme que le nombre de ménages utilisateurs d’ici 2050, cela nécessiterait environ 7 000 emplois en équivalent temps plein supplémentaires, soit 20 000 salariés de plus, en conservant les comportements de temps partiel. Ce chiffre pourrait être conservateur, car les ménages utilisateurs seraient plus âgés et auraient besoin de ces services de manière plus intensive.
Les départs à la retraite dans le secteur devraient également être nombreux, 60 % des salariés étant âgés de 45 à 64 ans en 2019. De plus, certains métiers sont déjà en tension, avec 4 000 intentions d’embauche en 2025 pour des postes d’aides à domicile ou d’auxiliaires de vie, 83 % des recrutements dans ces domaines étant jugés difficiles par les employeurs.
Source : Insee, Filosofi 2019, projections démographiques Omphale 2018-2050.
