10 Md$ irriguent 735 entreprises françaises
L’industrie navale française connaît une croissance significative, enregistrant une hausse de 9 % en 2025, avec un chiffre d’affaires atteignant pour la première fois 17,1 milliards d’euros. Cette performance est largement attribuée à la défense, qui représente désormais 70 % de l’activité totale du secteur. Le porte-avions France Libre, dont le coût s’élève à 10 milliards de dollars, est au cœur de cette dynamique, structurant toute une filière allant des grands groupes aux PME.
Un secteur qui double sa croissance en misant sur la défense
Le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN) a révélé lors de son assemblée générale du 8 juillet 2025 des résultats soulignant le rebond du secteur après le ralentissement de 2024. Bien que la progression globale soit de 9 %, un déséquilibre se creuse entre les activités de défense, qui augmentent de 13 %, et le segment civil, qui stagne, voire recule dans des domaines traditionnels comme la pêche et les navires de travail offshore.
Naval Group, leader dans le secteur, a remporté des contrats significatifs, dont celui pour quatre frégates de défense et d’intervention pour la Suède, d’une valeur de quatre milliards d’euros, avec une première livraison prévue en 2030. Ces succès à l’export, représentant plus d’un tiers de l’activité globale, témoignent d’une compétitivité retrouvée sur les marchés internationaux.
Le porte-avions France Libre comme catalyseur
Le projet France Libre représente un investissement colossal, mobilisant 800 entreprises, dont 80 % de PME, et une mise en service prévue pour 2038. Le budget de 10 milliards de dollars sera réparti à travers une chaîne de valeur complexe, impliquant de nombreux sous-traitants, allant de la propulsion nucléaire aux systèmes d’armement.
Selon le GICAN, « la commande publique de défense irrigue d’abord de grands donneurs d’ordre industriels. À travers leurs programmes et leurs chaînes de sous-traitance, elle ruisselle ensuite vers l’ensemble de la base industrielle et technologique de défense navale, composée de plusieurs centaines d’entreprises ». Ainsi, le porte-avions devient un générateur de flux financiers pour toute la filière.
La mécanique du ruissellement
La construction d’un porte-avions requiert des compétences spécialisées en électronique, mécanique de précision, métallurgie et systèmes de combat. Les PME, représentant 80 % des 800 entreprises mobilisées, fournissent des équipements critiques tels que capteurs, câblages et systèmes hydrauliques.
La filière navale française regroupe 735 entreprises, générant 59 100 emplois directs en 2025, une hausse de 1,6 % par rapport à 2024. Les Chantiers de l’Atlantique, connus pour leurs paquebots, participent également à la construction de grands navires de combat, illustrant la porosité entre civil et militaire.
Emplois et territoires
Les régions côtières, de la Bretagne à la Méditerranée, bénéficient de cette dynamique. Les prévisions estiment une création de 9 600 emplois supplémentaires d’ici 2030, soutenue par les programmes militaires. Cependant, des chantiers spécialisés dans la pêche ou la plaisance ont disparu, victimes de la concurrence internationale et de la baisse des commandes civiles.
La répartition des revenus entre défense et civil, désormais à 70/30, marque un tournant. En 2010, cet équilibre était inversé. Les chantiers français, face à la concurrence asiatique et à la crise des hydrocarbures, se sont progressivement orientés vers le militaire.
Conclusion
La dépendance croissante aux commandes publiques de la Marine soulève des questions sur la résilience du modèle économique du secteur. Bien que certains acteurs cherchent à diversifier vers des énergies marines renouvelables, la filière navale reste tributaire des arbitrages budgétaires de l’État et du contexte géopolitique.
Source : GICAN