Diktat végane : un vote populaire divise la Suisse sur l’alimentation
La Suisse se trouve à un tournant crucial concernant son modèle alimentaire. Une initiative populaire visant à promouvoir la production de protéines végétales et à réduire la consommation de viande a recueilli plus de 112 000 signatures, permettant ainsi de soumettre la question à un vote national le 27 septembre prochain. Ce projet vise à augmenter le taux d’auto-approvisionnement alimentaire du pays de 42 % à 70 %, en favorisant les denrées végétales et en diminuant l’utilisation de pesticides et d’engrais azotés.
Le contexte de cette initiative s’inscrit dans un débat plus large sur l’autonomie alimentaire de la Suisse. Les auteurs de l’initiative, dont la militante écologiste Franziska Herren, soulignent que le faible taux d’auto-approvisionnement actuel expose le pays à des risques en cas d’interruption des importations, qu’elles soient dues à des conflits, des guerres ou des événements climatiques extrêmes. En effet, 60 % des terres arables suisses sont utilisées pour cultiver du fourrage destiné aux 16 millions d’animaux d’élevage, au lieu de produire des aliments destinés directement à la consommation humaine.
L’initiative ne vise pas à interdire la production animale, mais demande une réorientation des subventions, actuellement majoritairement allouées à l’élevage. Le Conseil fédéral a rejeté cette initiative, considérant que l’objectif d’autonomie alimentaire de 50 % d’ici 2050 était suffisant. Selon le gouvernement, atteindre 70 % en dix ans serait irréaliste et nuirait à la liberté des agriculteurs et des consommateurs.
Les partisans de l’initiative affirment que la transition vers une alimentation davantage végétale est non seulement nécessaire pour l’autonomie alimentaire, mais également pour répondre aux défis environnementaux actuels, notamment les émissions de gaz à effet de serre et la pollution des sols et des eaux.
Ce débat majeur révèle des fractures au sein de la société suisse, oscillant entre l’urgence d’une transition alimentaire et les craintes d’une diminution de la diversité alimentaire et de la sécurité d’approvisionnement.
Source : Reporterre



