Vitamine D : le dangereux business des compléments alimentaires pour les bébés

Vitamine D : le dangereux business des compléments alimentaires pour les bébés

Une alerte a été émise concernant le complément alimentaire « Gouttes de soleil » commercialisé par Nateos, suite à une teneur en vitamine D supérieure à la valeur indiquée. Cette alerte, publiée le 11 mai, a suscité une inquiétude parmi les parents ayant administré ce produit à leurs nourrissons. Un excès de vitamine D peut être gravement nuisible, entraînant des symptômes tels que des nausées, des vomissements et des atteintes rénales, notamment chez les bébés.

Aymeric Dopter, chef de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’Anses, met en garde : « Le calcium qui se dépose dans les reins entraîne une calcification qui nuit à leur fonctionnement. Cela peut nécessiter une hospitalisation. » L’Anses a également rapporté des cas de surdosage, dont deux ont été signalés depuis 2021, mettant en danger la vie des nourrissons. À ce jour, deux bébés ont été hospitalisés pour des calculs rénaux, mais aucun de ces cas n’est lié à un produit de Nateos.

Erreurs humaines en cause

Les cas les plus graves sont souvent dus à des erreurs humaines, notamment des erreurs de conversion ou d’administration. Célia Levavasseur, pédiatre, évoque le cas d’une mère ayant donné à son bébé une dose quotidienne de vitamine D mille fois supérieure à la recommandation. Cette situation a conduit le nourrisson à une grave insuffisance rénale, nécessitant une dialyse et une greffe.

Les pédiatres recommandent d’administrer des médicaments à base de vitamine D aux enfants jusqu’à 18 ans, afin de favoriser la croissance osseuse et le développement des organes essentiels. La Société française de pédiatrie précise les dosages appropriés en fonction de l’âge et insiste sur l’importance d’utiliser uniquement des médicaments prescrits.

Risques des compléments alimentaires

Contrairement aux médicaments, qui doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché rigoureuse, les compléments alimentaires ne sont soumis qu’à une simple déclaration auprès de la Direction générale de l’alimentation (DGAL). Les médicaments, prescrits par des professionnels de santé, présentent moins de risques d’erreurs de dosage.

Arnault Pfersdorff, pédiatre, souligne que « les médicaments garantissent un contrôle de la qualité et de la dose. Le dosage par goutte est dangereux, car une goutte de plus ou de moins peut avoir des conséquences graves. »

Problèmes de surdosage

Nateos a reconnu avoir commercialisé un produit surdosé, avec une teneur en vitamine D 20 à 30 % supérieure à celle indiquée sur l’étiquette. La société a informé les consommateurs concernés par email, mais a refusé de préciser le nombre de personnes touchées par ce rappel. Une mère, identifiée sous le nom de Léa, a découvert que son enfant avait été exposé à ce produit surdosé, mais des examens médicaux ultérieurs n’ont révélé aucun dommage.

Autocontrôle des marques

Les marques de compléments alimentaires sont responsables de leur propre contrôle et doivent rappeler les produits en cas de problème. Julien Venesson, cofondateur de Nateos, affirme que des contrôles aléatoires ont été réalisés, et que des mes correctives ont été prises rapidement. Cependant, le ministère de l’Agriculture a admis que certains produits peuvent être mis en vente avant qu’une non-conformité ne soit détectée.

Influence des réseaux sociaux

La communication autour de ces produits est souvent influencée par des rumeurs sur les réseaux sociaux. Des parents, inquiets des coliques de leurs nourrissons, peuvent être tentés de remplacer des médicaments par des compléments alimentaires non régulés. Nateos utilise des influenceurs pour promouvoir ses produits, ce qui peut accentuer cette tendance.

En conclusion, la sécurité des compléments alimentaires pour bébés est un sujet de préoccupation majeur. Les parents sont encouragés à se méfier de l’automédication et à privilégier les médicaments prescrits par des professionnels de santé.

Source : Anses et rappel de produit Conso.gouv.fr.

Source