C’était David contre Goliath : Une victoire contre le méga entrepôt Green Dock
L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), reportage — Les activistes qui s’opposaient au projet de méga entrepôt Green Dock, situé au nord de Paris, ont remporté une victoire significative après cinq ans de mobilisation. Rassemblant associations de riverains, élus locaux, écologistes, naturalistes, syndicalistes, artistes et membres des Soulèvements de la Terre, ils ont lancé divers recours juridiques, pétitions, et manifestations. En février, le maire de Gennevilliers a refusé le permis de construire pour ce projet de 92 000 m², équivalent à deux Stades de France.
Cette décision est perçue comme un soulagement pour les espèces vivant dans la zone classée Natura 2000 adjacent au projet. La victoire a été célébrée le 28 juin à la ferme florale Lil’Ô, où environ cinquante personnes se sont réunies pour marquer cet événement. Les membres de la compagnie de danse féminine L’Essoreuse ont même réalisé une performance artistique sur le site en affichant « Green Dock, c’est fini ».
Jeanne Comode, documentariste, a souligné l’importance de cette zone préservée pour les grands cormorans, une espèce protégée qui y trouve refuge en hiver. « Ici, c’est une zone oubliée, préservée de l’urbanisation comme de l’humain », a-t-elle déclaré, rappelant que l’entrepôt aurait eu des conséquences néfastes sur la faune locale.
De nombreux élus ont également assisté à la célébration, dont Éric Coquerel, député de La France insoumise, qui a noté que ce type de projet contribue aux enjeux environnementaux actuels, notamment les canicules. Les municipalités de L’Île-Saint-Denis et d’Épinay-sur-Seine, bien que politiquement divergentes, ont montré une unité face à cette lutte.
Les Soulèvements de la Terre, en collaboration avec d’autres groupes, ont joué un rôle crucial dans cette mobilisation, intégrant également les travailleurs de la logistique dans la lutte. Toutefois, les opposants restent vigilants, car Goodman France demeure locataire des lieux.
Cette victoire souligne l’importance des alliances dans les luttes écologiques et la nécessité de maintenir ces liens pour garantir la protection de l’environnement.
Source : Reporterre
