Pourquoi s’entêter à dépenser des milliards ?
9 juin 2026 à 07h10
Mis à jour le 10 juin 2026 à 07h05
Durée de lecture : 7 minutes
Une centaine de maires et parlementaires s’opposent à la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux, remettant en question la pertinence du projet. Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a récemment évalué le Grand projet du Sud-Ouest/Ligne nouvelle du Sud-Ouest (GPSO/LNSO), et ses conclusions soulèvent d’importantes interrogations sur la viabilité de cette initiative.
Le COI a indiqué que la ligne Bordeaux-Toulouse ne sera pas opérationnelle avant 2035, avec la ligne Bordeaux-Dax prévue pour 2042. Le tronçon Dax-Espagne est, quant à lui, relégué à une date indéterminée. De plus, la nouvelle ligne Bordeaux-Dax est jugée inutile, la priorité devant être donnée à la modernisation de la ligne classique Bordeaux-Hendaye.
Un gain de temps négligeable
Les données montrent que la LGV Bordeaux-Dax pourrait réduire le temps de trajet à environ 49 minutes, contre 54 minutes pour la ligne existante modernisée. Toutefois, des arrêts et ralentissements pourraient rendre le parcours plus long, atteignant environ 55 minutes. Cette analyse ne prend pas en compte l’emplacement des gares, souvent éloignées des centres urbains, entraînant un manque de gain réel pour certains usagers.
Concernant la ligne Bordeaux-Toulouse, le COI soulève des doutes sur ses bénéfices socio-économiques et environnementaux, la qualifiant d’infrastructure non prioritaire.
Financement irréaliste
Le financement initialement prévu est jugé irréaliste par le COI. La participation de l’État, initialement promise, semble difficile à mobiliser, et l’abandon de la ligne Bordeaux-Dax privera le projet de financements européens. Les estimations budgétaires ont également été revues à la hausse, passant de 14 milliards d’euros à au moins 20,4 milliards d’euros pour un financement public et jusqu’à 27,6 milliards d’euros en partenariat public-privé.
Les collectivités locales, déjà en difficulté financière, se voient dans l’incapacité d’assumer seules ces investissements. Lors d’une enquête publique en 2015, plus de 80 % des habitants se sont prononcés contre le projet.
Conséquences environnementales
L’opposition à ce projet s’ancre également dans des préoccupations écologiques. La LGV entraînerait la destruction de 4 800 hectares d’espaces naturels et agricoles, affectant gravement l’écosystème de la vallée du Ciron. Les gains en matière de réduction des émissions de carbone sont jugés insuffisants et constamment révisés à la baisse.
Le vice-président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, en charge des mobilités, a affirmé que les financements ne permettent plus d’asr l’entretien nécessaire des lignes existantes, mettant en péril leur fonctionnement.
Conclusion
Face à ces éléments, les élus locaux demandent l’abandon immédiat du projet GPSO/LNSO, la modernisation de la ligne Bordeaux-Toulouse existante, et un investissement accru dans l’entretien des infrastructures ferroviaires. Ce projet, selon les analyses, ne répond pas aux besoins des usagers et compromet la régénération des lignes déjà en service.
Source : Conseil d’orientation des infrastructures (COI)
