Un super El Niño dévastateur arrive, l’Europe devrait être épargnée selon les experts.

Un « super El Niño » dévastateur arrive : pourquoi l’Europe devrait être épargnée

Un « super El Niño » dévastateur arrive : pourquoi l’Europe devrait être épargnée

Le phénomène climatique El Niño est de retour. Il devrait atteindre une « très forte intensité » avant de parvenir à son apogée vers la fin de l’année, d’après l’Organisation météorologique mondiale. Ce « super El Niño » pourrait même être le plus intense jamais enregistré, selon les experts de l’organisme onusien.

Traditionnellement, l’Europe échappe aux conséquences de cet évènement qui touche l’océan Pacifique équatorial. Toutefois, l’intensité de celui qui se forme actuellement a suscité des spéculations alarmistes. Le Met Office, le service météorologique britannique, estimait le 21 août que l’influence d’El Niño augmentait les chances d’avoir des conditions plus humides et plus tempétueuses en Europe de l’Ouest cet automne et cet hiver. Début septembre, la secrétaire d’État à l’environnement du Royaume-Uni, Angela Eagle, a appelé ses compatriotes à faire des réserves de nourriture, en prévision de possibles catastrophes hivernales.

Cependant, les scientifiques démentent largement l’hypothèse d’une influence majeure d’El Niño sur l’Europe. Ce phénomène reste complexe et entouré de nombreuses incertitudes.

1 – Comment El Niño perturbe la météo mondiale ?

El Niño est un phénomène naturel qui survient tous les 2 à 7 ans, caractérisé par un réchauffement des eaux de surface dans l’océan Pacifique. En temps normal, des vents appelés alizés soufflent de l’est vers l’ouest, permettant aux eaux plus froides de remonter à la surface. Lorsqu’ils faiblissent, cela interrompt les remontées d’eaux froides, entraînant un réchauffement de l’océan et de l’atmosphère.

Ces épisodes ont des conséquences à l’échelle planétaire : ils favorisent des conditions plus sèches en Australie, en Indonésie et en Amazonie, perturbent la mousson en Inde, et entraînent des conditions plus humides sur la côte ouest de l’Amérique du Sud ainsi que dans l’ouest et le sud-ouest des États-Unis.

2 – Pourquoi pour l’Europe, c’est plus compliqué ?

Bien que l’Europe ne fasse pas partie de la ceinture tropicale, ces téléconnexions atmosphériques peuvent l’atteindre par deux voies : via le Pacifique nord et l’Amérique du Nord, ou en passant par l’Atlantique tropical et l’Afrique. Cependant, cette influence est très indirecte. Éric Guilyardi, climatologue au laboratoire Locean, souligne que seuls 4 % de la variabilité des précipitations en Europe pourrait, en moyenne, être attribuable à El Niño, tandis que d’autres facteurs comme la couverture neigeuse de l’Eurasie et la température de surface de l’Atlantique jouent un rôle beaucoup plus important.

3 – Un El Niño d’une intensité inédite peut-il menacer davantage l’Europe ?

L’épisode El Niño 2026-2027 s’annonce d’une intensité potentiellement inédite, mais il est difficile de prédire ses impacts précis sur l’Europe. Les scientifiques s’accordent à dire qu’il n’y a pas de lien systématique entre El Niño et le climat européen, et que les effets dépendent de nombreux facteurs.

4 – Le changement climatique va-t-il intensifier El Niño ?

Certaines études suggèrent qu’El Niño est devenu près de 40 % plus puissant au cours des 40 dernières années. Cependant, ces conclusions reposent sur des hypothèses encore contestées. Les scientifiques restent prudents quant à l’évolution d’El Niño, soulignant que l’épisode actuel sera extrêmement intense et pourrait avoir d’importantes conséquences mondiales, même si son impact sur l’Europe reste limité.

En résumé, bien que le super El Niño de cette année soit d’une intensité sans précédent, les experts s’accordent à dire que son influence sur l’Europe sera minimale, malgré des spéculations médiatiques.

Source : Organisation météorologique mondiale, Met Office.

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