À la rencontre du circaète Jean-le-Blanc
Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), reportage — En juin 2026, Cédric Arnaud, naturaliste et cofondateur du Groupement pour la protection de la faune sud-alpine (GPFSA), observe un nid de circaètes Jean-le-Blanc, une espèce de rapace, dans une clairière ensoleillée. Ce couple nicheur est surveillé depuis plusieurs années, et un jeune oisillon, âgé de moins de trois semaines, a été repéré.
Le GPFSA, créé en 2018, coordonne le suivi de plusieurs espèces de rapaces dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’association travaille en collaboration avec l’Office national des forêts (ONF) et le Centre national de la propriété forestière (CNPF) pour recenser les nids et partager ces informations avec les gestionnaires forestiers. Ce partenariat vise à protéger les espèces sensibles, notamment le circaète Jean-le-Blanc, dont la population mondiale est estimée à 1 % en France.
En cette période de nidification, des coupes de bois sont prévues dans la forêt où nichent ces rapaces. Stéphane Nalin, technicien au CNPF, explique que les mes de protection sont mises en place pour limiter l’impact des interventions humaines sur les nids. Environ 20 à 25 % des chantiers forestiers peuvent être affectés par ces préoccupations environnementales.
Les forêts bas-alpines abritent environ 250 couples nicheurs de circaètes, représentant 10 % de la population française. Le GPFSA reçoit entre 50 et 80 sollicitations par an pour évaluer l’impact des travaux forestiers sur ces espèces. En raison de la fragilité de l’espèce, chaque couple ne pond qu’un œuf par an, et le jeune a seulement une chance sur deux d’atteindre l’âge adulte.
Le partenariat entre naturalistes et organismes forestiers est considéré comme novateur en matière de partage de données et d’interventions adaptées. Ce modèle pourrait potentiellement s’étendre à d’autres départements français.
Source : Reporterre



