L’Ultra Trail du Mont-Blanc : un événement entre passion et impact environnemental
Chamonix (Haute-Savoie), reportage — La dernière semaine d’août, Chamonix se transforme en capitale mondiale du trail. L’Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB), qui se déroule du 24 au 30 août, attire près de 10 000 coureurs sur l’une des huit courses allant de 15 à 174 kilomètres. Environ 30 000 accompagnants, bénévoles et spectateurs rejoignent cette foule, engendrant une pression considérable sur les habitants et les écosystèmes fragiles.
Créé en 2003, l’UTMB a vu son nombre de participants exploser, passant de 722 coureurs à l’origine à près de 29 000 préinscriptions en 2026. Cette croissance s’inscrit dans un contexte où le trail devient de plus en plus populaire, avec une augmentation de 69 % des utilisateurs de Strava en France entre 2024 et 2025.
Cependant, cette surfréquentation des sentiers engendre des perturbations pour la faune locale. Des études montrent que les bouquetins et autres animaux s’éloignent des sentiers lors des compétitions, créant des « couloirs de la peur », un phénomène qui impacte leur comportement et leur alimentation.
Pour atténuer ces effets, l’organisation a introduit des mes, comme l’obligation pour les coureurs de porter des lampes frontales à lumière rouge dans certaines zones. Malgré ces efforts, des critiques subsistent concernant l’impact environnemental de l’événement, notamment en raison des 18 600 tonnes de CO₂ émises en 2024, dont 57 % proviennent des déplacements en avion des coureurs étrangers.
Face à cette situation, l’UTMB s’engage à réduire ses émissions de 20 % d’ici 2030 et propose des initiatives pour compenser l’empreinte carbone. Toutefois, des spécialistes soulignent que ces mes ne s’attaquent pas aux causes profondes de l’impact environnemental lié à la surconsommation et à l’augmentation du nombre de participants.
La question demeure : jusqu’où l’événement, devenu commercial, peut-il concilier passion pour le sport et respect de l’environnement ?
Source : Reporterre



