Un soupir de soulagement : Trump suspend son projet anti-immigration dans un parc national
San Antonio (États-Unis), correspondance
Le projet de l’administration Trump visant à renforcer la sécurité à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, en défigurant le parc national de Big Bend, a été suspendu. Cette décision, intervenue le 17 août, fait suite à une mobilisation citoyenne et politique transpartisane qui a uni des voix de divers horizons pour défendre cet espace naturel, reconnu comme un « joyau de la couronne » du patrimoine américain.
Initialement, le ministère de la Sécurité intérieure prévoyait d’installer des dispositifs de surveillance, des barrières antivéhicules et de nouvelles pistes de patrouille dans ce parc, sans ériger le mur emblématique de Trump. Cependant, la réaction rapide des citoyens et des élus a conduit à une suspension temporaire des travaux, permettant à Rodney Scott, le chef de la police aux frontières, d’effectuer une « évaluation personnelle » de la situation.
Cette pause, bien que temporaire, a permis de rassembler des opposants, illustrant une rare convergence d’opinions. Bob Krumenaker, ancien directeur de Big Bend et président de Keep Big Bend Wild, a souligné que cette mobilisation pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les politiques de l’administration Trump. Selon lui, l’administration a sous-estimé la capacité d’organisation des opposants.
Big Bend, reconnu comme réserve de biosphère par l’UNESCO, abrite environ 1 200 espèces de plantes, 450 espèces d’oiseaux et 75 espèces de mammifères, dont certaines, comme l’ours noir et la gambusie de Big Bend, sont en danger d’extinction. Rick LoBello, ancien garde du parc, a exprimé ses inquiétudes quant à la menace que représente ce projet pour la biodiversité et l’idée même des parcs nationaux, qui pourrait être compromise si des décisions similaires étaient prises ailleurs.
Les chiffres de la patrouille frontalière indiquent que seulement 200 personnes ont été interpellées à l’intérieur du parc en 2025, représentant moins de 0,045 % des arrestations totales sur la frontière sud-ouest, alors que Big Bend couvre 26 % de cette frontière.
Dans le Texas de Big Bend, la suspension des travaux a été perçue comme un moment de répit, même si la communauté reste vigilante face aux futures décisions de l’administration.
Source : Reporterre



