C’était un titan, un monstre : après la tornade, les paysans contraints de repartir de zéro
Saint-Hilaire (Aude), reportage
Le 24 août, une violente tornade a ravagé l’exploitation de Séverine Mérat et Nicolas Simon, à Saint-Hilaire, dans l’Aude. En quelques minutes, la ferme du Jardin enchanté, qui abritait des dizaines d’arbres fruitiers, une serre de 300 m², et une cinquantaine d’animaux, a été réduite à néant.
La tornade s’est d’abord abattue sur la commune de Pomas, causant des dégâts significatifs, avant de se diriger vers le sud. Selon Météo-France, le lien entre cet événement extrême et le réchauffement climatique demeure incertain. L’organisme précise que si le changement climatique est à l’origine d’une intensification des précipitations extrêmes, les effets sur d’autres phénomènes météorologiques, tels que les tornades, ne sont pas clairement établis.
Séverine Mérat se souvient : « On avait reçu des notifications de vigilance orange, mais cela ne nous semblait pas inquiétant, nous avons l’habitude des coups de vent. » Nicolas, de retour des vendanges, a ressenti des changements dans les vents. « C’était un titan, un monstre », raconte-t-il, décrivant la tornade qui a emporté tout sur son passage.
Dans l’urgence, la famille a fui vers le village, se réfugiant dans leur boutique. « À ce moment-là, on se dit que c’est la fin du monde », confie Séverine. Plus tard, Nicolas a retrouvé la ferme dans un état dévasté, « un silence de mort » régnait sur les lieux. La maison et le mobil-home étaient réduits à un tas de débris.
Malgré la destruction, la plupart des animaux ont miraculeusement survécu. « Toutes nos chèvres, notre âne, nos chiens et notre chat sont vivants », indique Séverine. Cependant, la perte de la vingtaine de poules demeure une inquiétude.
Le couple, non assuré pour la partie agricole, espère des aides de l’État pour se reconstruire. La situation financière est préoccupante : avec un crédit mensuel de 2 000 euros et des pertes annuelles estimées entre 50 000 et 60 000 euros pour la production de fruits et légumes, les défis sont nombreux.
« On repart d’une feuille blanche », déclare Nicolas, qui envisage de repenser leur exploitation. Malgré l’adversité, il as que « la ferme du Jardin enchanté va revivre ».
Source : Reporterre

