Sécheresse et températures élevées : le nucléaire impacté par les canicules
Alors qu’une nouvelle vague de chaleur se profile, EDF a réalisé un bilan de l’impact de la canicule sur son parc nucléaire. Trois réacteurs ont été arrêtés à Golfech, Bugey et Nogent-sur-Seine, et quatre autres ont vu leur puissance réduite. Ces mes ont entraîné une perte temporaire de 5,5 gigawatts (GW), soit 8,7 % de la puissance nucléaire installée en France. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a reconnu que « les épisodes de canicule et de sécheresse ont des répercussions significatives sur le fonctionnement des centrales nucléaires ».
Les centrales nucléaires doivent constamment refroidir leurs réacteurs, utilisant pour cela l’eau des fleuves ou de la mer. Deux systèmes coexistent : les centrales en circuit fermé, qui prélèvent environ 2 m³ d’eau par seconde, et les centrales en circuit ouvert, qui pompent entre 40 et 60 m³/s avant de rejeter l’eau réchauffée.
Actuellement, 27 des 57 réacteurs français utilisent ce dernier système, dont 12 situés en bord de fleuve. Des limites de température ont été établies depuis la canicule de 2006 pour chaque site, afin de protéger les écosystèmes environnants. Par exemple, l’ASNR n’autorise qu’un réchauffement de 1 °C entre l’amont et l’aval à Dampierre, Belleville et Chinon, contre jusqu’à 6 °C au Tricastin. Si ces seuils sont dépassés, EDF doit réduire, voire arrêter, la production de la centrale.
Des dérogations peuvent être accordées si RTE estime que l’approvisionnement électrique est menacé, mais aucune n’a été demandée lors de la canicule de juin.
Les pertes de production liées à la chaleur restent pour l’instant limitées, représentant en moyenne 0,3 % de la production nucléaire annuelle. Cependant, selon EDF, ces pertes pourraient augmenter avec des vagues de chaleur plus fréquentes, atteignant jusqu’à 1,5 % de la production annuelle d’ici 2050 sans adaptation. Cette situation pourrait entraîner un recours accru aux énergies fossiles, notamment des centrales à gaz, pour compenser les arrêts.
Un enjeu majeur se dessine autour du partage de l’eau, 60 % des prélèvements étant utilisés pour le refroidissement des centrales nucléaires. Les canicules aggravent la situation en diminuant le débit des fleuves et en augmentant leur température, tout en augmentant les besoins en eau pour d’autres secteurs comme l’agriculture et l’industrie.
Enfin, la santé des salariés est également mise en question. Les défaillances matérielles peuvent survenir dans des bâtiments naturellement chauds, et des mes doivent être prises pour garantir la sécurité et la capacité décisionnelle des employés lors de telles conditions climatiques extrêmes.
Source : EDF, ASNR.
