Sainte-Soline : la cour d’appel confirme les condamnations de quatre organisateurs
1er juillet 2026 à 17h57
Mercredi 1er juillet, la cour d’appel de Poitiers a confirmé une partie des condamnations prononcées à l’encontre de quatre organisateurs de la manifestation contre les mégabassines de Sainte-Soline, qui s’est tenue le 25 mars 2023 dans les Deux-Sèvres. Julien Le Guet, co-porte-parole de l’association Bassines non merci, a été condamné à six mois de prison avec sursis. Benoît Feuillu, membre des Soulèvements de la Terre, a reçu une peine de trois mois de prison avec sursis. Tous deux se voient également interdire le port d’arme pendant une durée de cinq ans.
Nicolas Girod, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, et Benoît Jaunet, ancien porte-parole de la Confédération paysanne des Deux-Sèvres, ont été condamnés à une amende de 800 euros chacun, contre 1 000 euros en première instance. L’interdiction de territoire qui pesait sur les quatre militants a été réduite à trois communes : Mauzé-sur-le-Mignon, Sainte-Soline et Vanzay.
Les parties civiles, à savoir la Coop de l’eau 79 et la Coordination rurale, ont été déboutées de l’ensemble de leurs demandes.
Lors de l’audience en appel, qui s’est tenue le 27 mai, plusieurs soutiens s’étaient rassemblés devant le tribunal de Poitiers. Les organisations impliquées ont dénoncé une volonté de criminaliser des actions collectives, affirmant que la cour d’appel ne reconnaissait pas la nature collective de la manifestation, qui avait rassemblé plus de 30 000 personnes pour défendre l’eau. Elles ont également souligné l’urgence d’agir face aux enjeux liés au changement climatique, en critiquant le mécanisme de répression ciblée envers des porte-paroles de mouvements syndicaux.
Les organisations ont également exprimé leur frustration face à l’absence de poursuites contre les violences policières survenues lors de la manifestation, qui ont causé des bless graves à plusieurs participants. Elles ont déploré que ces violences d’État n’aient pas été prises en compte par la justice.
Les quatre condamnés ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, espérant que cette nouvelle procédure permettra d’aborder de manière plus approfondie les questions relatives au droit de manifester et à la légitimité de leurs actions de désobéissance civile.
Source : France 3 Régions
