Voies qui « flambent », caténaires dilatées… Pourquoi les retards de train se multiplient pendant la canicule

Retards de train en hausse : les impacts de la canicule sur le réseau ferroviaire

Le week-end des 4 et 5 juillet, près d’un million de voyageurs doivent embarquer à bord de 2 000 trains pour partir en vacances. Cependant, la canicule qui s’annonce pourrait perturber ce trafic, comme l’a indiqué Jean Castex, PDG de la SNCF, sur France Inter. Il a précisé qu’il ne pouvait garantir un service normal si les températures atteignaient de nouveaux records, alors que Météo-France alertait sur un risque de canicule.

En juin dernier, la situation avait déjà été préoccupante, avec des trains immobilisés sur de longues périodes et des incidents en cascade. Malgré la mobilisation de 35 000 agents pour surveiller les effets de la chaleur, 10 % des trains avaient été annulés à cause de la canicule, selon un bilan communiqué par la SNCF.

L’infrastructure ferroviaire souffre de sous-investissements qui retardent le renouvellement du matériel. La chaleur pose également des défis techniques complexes. Les rails, composés à 95 % d’acier, peuvent surchauffer et se déformer, phénomène connu sous le nom de « flambée ». Par exemple, une température de 54,6 °C a été relevée près de Torcy (Seine-et-Marne) le 21 juin. Les experts indiquent que cette déformation peut provoquer des pannes d’aiguillage et, dans le pire des cas, un risque de déraillement.

Les caténaires, câbles d’alimentation des trains, connaissent aussi des problèmes de dilatation. Une hausse de 1 °C entraîne un allongement de 1,7 cm sur 1 000 m de caténaire. En période de forte chaleur, les poids de contrebalancement installés par SNCF Réseau pour ajuster la tension des câbles atteignent leurs limites, ce qui peut entraîner des interruptions de trafic.

De plus, certaines rames, comme les trains Corail, ne disposent pas de systèmes de climatisation adaptés aux fortes chaleurs. En conséquence, la SNCF a supprimé 71 Intercités entre le 18 et le 22 juin.

Les retards dus aux intempéries ont augmenté de 35 % entre 2011 et 2023, et le nombre de trains annulés pour cette raison a été multiplié par cinq, représentant environ 1 500 trains par an. SNCF Réseau dépense entre 30 et 40 millions d’euros par an pour réparer les dommages causés par les aléas climatiques.

Le remplacement des infrastructures vieillissantes est en cours, mais le rythme est freiné par un manque de moyens. Un contrat de performance entre l’État et SNCF Réseau prévoit d’augmenter les investissements consacrés à la modernisation du réseau, mais il reste à voir comment ces fonds seront alloués spécifiquement aux défis liés à la chaleur.

Source : Reporterre

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