Trop chaud pour se mobiliser : quand le réchauffement climatique empêche les luttes écologistes

Trop chaud pour se mobiliser : quand le réchauffement climatique empêche les luttes écologistes

30 juin 2026 à 16h44
Durée de lecture : 3 minutes

Le weekend dernier, les 27 et 28 juin, alors que l’Europe pulvérisait tous les records de température, plusieurs actions contre des projets polluants ont été annulées. En Belgique, les activistes de Code Rouge, qui prévoyaient une mobilisation contre le chantier d’un data center de Google, ont dû adapter leurs plans en raison de la chaleur excessive. Ils se sont finalement regroupés dans un bois à proximité du chantier, situé à Farciennes dans le Hainaut.

Ironiquement, c’est la lutte contre le dérèglement climatique, raison d’être de Code Rouge depuis 2022, qui a entravé leur action. Un membre du groupe a exprimé sa frustration en déclarant : « C’est très frustrant ».

Aux Pays-Bas, le groupe d’activistes Geef Tegengas a également annulé son action prévue les 26 et 27 juin. Face à des températures atteignant 37 degrés, ils ont estimé qu’ils ne pouvaient garantir la sécurité des participants. Ils avaient prévu de bloquer un nœud logistique stratégique pour le commerce des énergies fossiles et de l’armement, avec près de 600 personnes attendues.

En France, le Collectif pour le triangle de Gonesse a annulé son rassemblement du 27 juin, un site où l’ombre est rare. Les militants ont communiqué que, compte tenu de la canicule persistante et des risques d’orages, l’événement a été reporté au 27 septembre.

Le collectif Bassines Non Merci a également annulé sa randonnée festive à Mehun-sur-Yèvre le 28 juin, bien que certains participants aient tout de même fait le déplacement. Malgré l’annulation, une version raccourcie de la manifestation a eu lieu avec une quarantaine de personnes.

Ce phénomène met en lumière un paradoxe : alors que l’urgence d’agir contre les projets climaticides est plus grande que jamais, les conditions climatiques extrêmes rendent ces actions dangereuses. Les militants écologistes se trouvent ainsi dans une situation où ils doivent choisir entre défendre leur cause et protéger leur santé.

Face à l’incurie du gouvernement et à la désinformation qui entoure ces crises, il est crucial de continuer à dénoncer les criminels climatiques. L’absence d’action collective sans information libre est un enjeu majeur pour l’avenir des luttes écologistes.

Source : Reporterre

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