Pollution marine : quatre initiatives pour protéger nos littoraux
Alors que le traité des Nations unies sur la protection de la haute mer, entré en vigueur le 17 janvier 2026, vise à mieux asr la protection des eaux internationales ainsi que l’accès à leurs ressources, La Croix L’Hebdo se fait l’écho de quatre actions pour améliorer l’intégrité des littoraux français.
Dépolluer les fonds marins
Le long des littoraux de Marseille (Bouches-du-Rhône), les déchets s’accumulent en mer, entre zéro et six mètres de profondeur, où vit 70 % de la biodiversité marine régionale. Face à l’absence de protection dans cette zone maritime, l’association MerVeille propose des collectes sous-marines de déchets, masques et tubas à l’appui.
Sébastien Tortora, cofondateur de MerVeille, explique : « Il ne faut pas de compétences en apnée. On essaye de ramasser les déchets à la source, avant qu’ils ne se fragmentent dans la mer. » L’association s’appuie également sur un réseau de bénévoles chargés de surveiller le littoral et de signaler d’éventuels cas de pollution en mer.
Depuis 2019, 105 opérations de ramassage en mer ont rassemblé plus de 1 600 bénévoles et permis de collecter près de 22 tonnes de déchets. Les déchets sont triés et caractérisés pour sensibiliser le public à la pollution marine, avec des données intégrées sur une plateforme de science participative.
Améliorer les connaissances scientifiques
Depuis 1997, le Groupe d’étude des cétacés du Cotentin suit les grands dauphins dans la Manche. L’association utilise un outil de sciences participatives, Obsenmer, où chacun peut signaler l’activité des animaux ou des sources de nuisance. Plus de 11 000 relevés de citoyens ont été réalisés.
Les données sont analysées et partagées avec des scientifiques pour mieux comprendre les risques sur les populations, notamment la contamination chimique par des polluants. L’association prévoit d’actualiser une étude de 2017 sur la présence de polluants historiques chez les grands dauphins.
Sensibiliser les citoyens
En 2012, Surfrider Foundation a ouvert un campus à Biarritz, consacré à la protection du littoral et des océans. Boris Masseron, fondateur du campus, souligne l’importance de créer un lieu d’interaction et d’éducation citoyenne. L’espace accueille 4 000 personnes chaque année et propose des ateliers, des expositions artistiques et des expéditions pédagogiques pour sensibiliser à la pollution plastique et au changement climatique.
Recycler les déchets marins
Plastic Odyssey, une expédition lancée depuis Marseille en octobre 2022, a parcouru les mers pour découvrir et partager des solutions face aux déchets plastiques. Le navire-laboratoire a accueilli des entrepreneurs locaux à chaque escale, créant des microentreprises.
Alexandre Dechelotte, cofondateur de Plastic Odyssey, indique que l’association va partager les bonnes idées recueillies à travers le monde et développer des actions de sensibilisation à l’échelle locale en France, avec une tournée prévue dans neuf villes portuaires.
Ces initiatives illustrent l’engagement croissant pour la protection des littoraux français, alors que la pollution marine reste une menace sérieuse pour la biodiversité et la santé des écosystèmes marins.
Source : La Croix L’Hebdo

