Procès des milliardaires en Sologne : Bouygues et Stérin face à la justice locale

« De Bouygues à Stérin, faisons le procès de ces milliardaires qui font leurs lois en Sologne »

De Bouygues à Stérin, faisons le procès de ces milliardaires qui font leurs lois en Sologne

Olivier Bouygues et ses associés sont en procès à Orléans les 7 et 8 septembre pour avoir abattu des espèces protégées et élevé des sangliers de manière intensive dans un enclos de chasse à La Ferté-Saint-Aubin. Ce cas soulève des questions sur la gestion de la faune en Sologne, une région où la chasse et le tourisme de luxe dominent.

La Sologne, une vaste forêt parsemée d’étangs, est marquée par une agro-industrie cynégétique. La plupart des chemins ont disparu, remplacés par des grillages et des miradors, témoignant d’une propriété privée omniprésente. Les officiers de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont joué un rôle crucial dans cette affaire, mais il est essentiel de ne pas réduire ce procès à la seule question des espèces protégées.

Ce procès devrait être le reflet d’une problématique plus large : celle d’une caste d’ultrariches qui se considère au-dessus des lois et qui exploite les ressources naturelles à des fins personnelles. La Sologne, souvent décrite comme un jardin de la France, est devenue une chasse gardée pour ces élites, qui en font une extension de Paris.

L’industrie cynégétique, héritière de réseaux militaires et coloniaux, a des ramifications qui vont des réserves de chasse africaines aux enclos texans, faisant de la Sologne un carrefour important en Europe occidentale. Ce procès doit donc être perçu comme une mise en cause de cette caste cynégético-politique qui a toujours sévi, depuis les temps médiévaux jusqu’à aujourd’hui.

La situation actuelle en Sologne souligne les tensions entre les intérêts économiques des puissants et la préservation de l’environnement. L’agro-industrie, dont la cynégétique est un des bras armés, contribue à la mise en dépendance des populations rurales, tout en exacerbant les inégalités sociales.

Ce procès représente également une résistance à un monde qui tend à annihiler toute forme de paysannerie. La paysannerie solognote, bien que réduite à une poignée, continue de cultiver cette terre, défiant les clichés et les discours dévalorisants.

Enfin, ce procès doit être une occasion de réfléchir sur les dérives nationalistes et autoritaires qui peuvent émerger dans des contextes où les puissants s’affranchissent des règles. La justice doit aller au-delà des cas individuels pour s’attaquer aux structures de pouvoir qui régissent nos sociétés.

Source : Reporterre.

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