« On a signé pour aller au charbon, pas à l’échafaud »
Les pompiers de France, notamment ceux mobilisés dans le sud-ouest, font face à des conditions de travail de plus en plus difficiles en raison des incendies. En effet, environ 2 500 pompiers ont été déployés récemment, et parmi eux, 93 agents ont été blessés, dont 10 ont nécessité une évacuation pour des intoxications au monoxyde de carbone, selon la préfecture de Gironde.
Un cocktail de substances toxiques
L’exposition à divers composés toxiques issus de la combustion de matières organiques et de produits anti-incendie est une préoccupation majeure. Les pompiers sont confrontés à des particules fines, des gaz comme le dioxyde de carbone et le dioxyde d’azote, ainsi qu’à des métaux lourds tels que l’arsenic et le plomb. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a identifié ces risques, qui peuvent entraîner des effets respiratoires aigus, tels que la toux et l’essoufflement.
Équipements insuffisants
Malgré la gravité de la situation, les pompiers ne disposent pas toujours des équipements nécessaires pour se protéger efficacement. Les appareils respiratoires isolants, qui pèsent entre 14 et 16 kg, ne sont pas utilisés en milieu naturel en raison de leur poids et de leur faible autonomie. À la place, ils se contentent de cagoules en tissu, qui ne filtrent pas adéquatement les composés chimiques présents dans la fumée.
Conséquences sur la santé
Les symptômes liés à cette exposition peuvent persister deux à trois ans après les interventions, et une augmentation des cas d’asthme a été observée. Les syndicats de pompiers ont signalé des préoccupations concernant le manque de suivi médical et la reconnaissance des maladies professionnelles liées à ces expositions.
Cette situation soulève des questions sur les conditions de travail et la sécurité des pompiers, qui se sentent souvent négligés par les autorités.
Source : Reporterre


