Pesticides et gestion de l’eau : un projet de loi controversé devant le Parlement
Le 29 juin 2026, le sénateur Laurent Duplomb a ouvert les débats sur la loi d’orientation agricole au Sénat, en évoquant des conditions climatiques extrêmes qui rappellent des événements historiques. Ce projet de loi, qui inclut la réautorisation de pesticides néonicotinoïdes et des mes sur la gestion de l’eau, suscite de vives inquiétudes.
En effet, les rapporteurs du texte ont écarté les recommandations scientifiques sur les risques pour la santé liés aux pesticides et la gestion du cycle de l’eau. Parmi les mes controversées figurent la réintroduction de deux pesticides, la facilitation des agrandissements d’élevages et un rôle accru des agriculteurs dans la gestion locale de l’eau.
Le projet de loi a été qualifié de « cataclysmique » par le sénateur écologiste Daniel Salmon, tandis que la ministre de l’Écologie a dénoncé une « nouvelle loi Duplomb ». En revanche, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a salué des « avancées utiles ». La loi sera débattue par une commission mixte paritaire le 16 juillet 2026.
Un point crucial de ce débat est la réautorisation de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France mais toujours autorisés dans d’autres pays de l’Union européenne. Leur retour pourrait entraîner une contamination des eaux souterraines, selon l’association Générations Futures, qui alerte sur les risques pour la biodiversité, notamment les abeilles.
Les mes concernant l’eau sont également préoccupantes. Les sénateurs ont voté pour renforcer l’influence des agriculteurs dans les instances de gestion de l’eau, ce qui pourrait réduire la protection des zones humides. Des experts estiment que cette approche pourrait mener à la destruction de près de la moitié de ces zones essentielles pour l’écosystème.
La qualité de l’eau potable sera également affectée, les sénateurs ayant voté pour exclure certains pesticides de la protection des captages d’eau. Fleur Breteau, porte-parole du collectif Cancer Colère, a exprimé son indignation face à ces mes, évoquant des liens entre l’exposition aux pesticides et des problèmes de santé chez les enfants.
Ce projet de loi a suscité des réactions négatives, y compris de la part d’anciens ministres de l’Agriculture, qui ont signé une tribune dénonçant la dégradation des politiques de protection de l’eau. Les organisations environnementales et des collectivités locales s’opposent également à ces mes, appelant au retrait du volet eau du projet de loi.
Le 16 juillet, le sort de cette loi sera entre les mains des parlementaires, qui devront décider de son adoption ou de sa révision. Les enjeux sont considérables pour l’avenir de l’agriculture et de l’environnement en France.
Source : Reporterre
