Pesticides : des études révèlent des risques pour la santé même à doses légales

Effet cocktail : des pesticides mauvais pour la santé, même aux doses légales
8 septembre 2026 à 07h30

Durée de lecture : 4 minutes

Une étude récente a révélé que des mélanges de pesticides, même à des doses considérées comme sûres, peuvent avoir des effets toxiques sur le foie humain. L’équipe de recherche Toxalim, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, a mis en évidence des dysfonctionnements du foie et du métabolisme du glucose liés à quatre pesticides présents dans notre alimentation.

Les résultats, publiés le 1ᵉʳ septembre dans Archives of Toxicology, soulignent un effet cocktail de ces substances, qui, prises isolément, n’auraient pas montré d’effets nocifs. Les chercheurs ont administré ces pesticides à des souris pendant six mois, en les nourrissant avec deux types de régimes : un standard et un régime plus gras, qualifié de « régime occidental ».

Un effet cocktail ignoré par la réglementation

Laurence Payraste, toxicologue et auteure de l’étude, a déclaré : « Ce résultat confirme une question clé pour l’évaluation des pesticides : comment mer leur toxicité sachant que nous sommes exposés à des mélanges et non à des pesticides isolés. » Actuellement, la réglementation ne prend pas en compte cet effet cocktail.

Cela soulève des préoccupations quant à l’évaluation des risques liés aux pesticides. Sylvie Bortoli, toxicologue de l’unité Inserm Healthfex, a ajouté que ces résultats sont importants car ils explorent l’impact des mélanges de pesticides, un domaine encore largement inexploré.

« Les effets des pesticides sur la santé peuvent varier en fonction du régime alimentaire. »

Les chercheurs ont observé que les effets délétères des pesticides variaient selon le type de régime alimentaire. En régime standard, une accumulation de graisses dans le foie a été notée, tandis qu’un régime occidental a perturbé le métabolisme du glucose, avec des signes précurseurs de diabète observés chez les souris.

Un foie qui ne filtre plus correctement

Les analyses ont montré que les pesticides étaient présents dans le foie des souris nourries normalement, mais pas chez celles ayant suivi un régime gras. « Selon le régime alimentaire, les pesticides ne se distribuent pas de la même façon dans le corps », a expliqué Payraste.

De plus, les gènes hépatiques impliqués dans la détoxification n’ont pas été activés chez les souris suivant le régime occidental, ce qui indique que le foie n’a pas rempli son rôle de filtre des substances toxiques.

Les résultats de cette étude reposent sur des données de la cohorte Nutrinet Santé, qui compte plus de 170 000 personnes, pour sélectionner les pesticides à tester. Quatre substances spécifiques, identifiées comme ayant des effets néfastes au niveau hépatique et dans la survenue de diabète, ont été mises en avant. Ces résultats montrent que ces pesticides peuvent être nocifs pour la santé, même à des doses jugées sûres par les autorités sanitaires.

Source : Archives of Toxicology

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