Népal : la jeunesse appelle à intégrer le climat dans le débat politique national.

« Ce n’est pas qu’une catastrophe naturelle » : au Népal, la jeunesse veut faire du climat une question politique

Ce n’est pas qu’une catastrophe naturelle : au Népal, la jeunesse veut faire du climat une question politique

Le 26 août, une rupture de montagne et de glacier à plus de 5 000 mètres d’altitude a provoqué une crue dévastatrice dans les vallées népalaises. Le bilan actuel fait état de 1 388 morts et de 5 130 disparus. Après plus de deux semaines de recherches, l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise. Selon le centre ICIMOD de Katmandou, le réchauffement climatique amplifie les risques de catastrophes similaires, avec des effets particulièrement marqués dans la région himalayenne.

Des jeunes militants comme Jasmine Ojha et Arnab Chaudhary dénoncent cette tragédie, affirmant qu’elle n’est pas qu’une catastrophe naturelle, mais le résultat d’un système corrompu et à court terme. Jasmine, fondatrice de l’ONG Smile Nepal, souligne l’injustice climatique : « Le Népal produit moins de 0,1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais son économie pourrait perdre 7 % de sa valeur d’ici 2050, faute d’infrastructures adaptées. »

L’histoire politique du Népal est marquée par des bouleversements. En 2015, le pays a adopté une Constitution fédérale après un mouvement populaire, suivi d’un séisme ayant causé 9 000 morts. En 2026, une nouvelle génération a réussi à faire tomber un gouvernement corrompu, mais peu après, une nouvelle catastrophe naturelle a frappé.

La jeunesse népalaise, représentant près de la moitié de la population selon le recensement de 2021, prend conscience que justice climatique et politique sont indissociables. Des figures comme Shuvam Rizal, fondateur de Rizolve Sustainable Solutions, affirment que la situation actuelle est le résultat d’un manque de soutien international et d’infrastructures résilientes.

Les mécanismes de solidarité internationale sont jugés insuffisants. Atal Dev Dhakal, membre de Youngo, la plateforme des jeunes pour le climat de l’ONU, indique que le Népal nécessite plus de 40 milliards d’euros d’ici 2050 pour son plan d’adaptation. Actuellement, le pays a reçu 15 millions d’euros du Loss and Damage Fund, une somme jugée dérisoire par le ministre des Finances, qui évoque 4 milliards d’euros nécessaires pour réparer les dommages causés par la récente catastrophe.

Le nouveau Premier ministre Balendra Shah, porté au pouvoir par la jeunesse, a récemment appelé à une plus grande attention internationale sur la vulnérabilité climatique du Népal. Selon Shuvam Rizal, « la justice climatique passe du commentaire à l’action politique de manière sans précédent ».

Les jeunes militants reconnaissent que l’urgence environnementale doit gagner en visibilité. Ils encouragent chacun à agir à son niveau, que ce soit par le militantisme, l’artivisme ou en faisant du climat une question politique lors des élections.

Les principales victimes de cette crise climatique sont les communautés marginalisées, notamment les femmes et les enfants. Jasmine Ojha insiste sur la nécessité de donner la parole à ces populations plutôt qu’à ceux qui voient le changement climatique comme un simple sujet à la mode.

Les jeunes népalais appellent à une mobilisation collective pour faire pression sur les décideurs et affirmer que la lutte pour un avenir durable est une priorité.

Source : ICIMOD, Reporterre

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