Ça bouchonne dans les montées : le Mont-Blanc face à la surfréquentation
Mont-Blanc (Haute-Savoie), reportage
Le long des sentiers du Mont-Blanc, des randonneurs avancent en file indienne, ralentissant leur cadence à me qu’ils montent vers le col du Bonhomme. La fréquentation des 170 kilomètres de sentiers autour de ce sommet emblématique a explosé : 36 000 marcheurs étaient recensés à l’été 2019, contre 75 000 prévus en 2025, selon un rapport de l’association Les amis de l’UTMB.
Ce parcours est particulièrement prisé par les visiteurs internationaux, qui représentent environ 75 % des randonneurs, en provenance des États-Unis, de Chine, du Canada et du Royaume-Uni.
Une expérience de randonnée en mutation
Les randonneurs, comme Max et ses amis venus d’Allemagne, témoignent de cette affluence. « On ne s’attendait pas à voir autant de monde, parfois ça bouchonne dans les montées », confie-t-il. Ils remarquent également la présence de groupes organisés, où les randonneurs ne portent pas leur équipement, leurs affaires étant transportées d’un refuge à l’autre.
La réglementation sur le bivouac a été renforcée. Depuis 2023, il est obligatoire de réserver un emplacement spécifique sur un site dédié. À partir de 2026, le bivouac sera interdit sous 2 500 mètres d’altitude entre le 15 juin et le 15 septembre. Ces changements visent à préserver l’environnement face à une pression croissante.
Impact sur l’environnement
Cette surfréquentation a des conséquences directes sur la faune et la flore. Les écosystèmes alpins, riches en bryophytes et lichens, sont sensibles au piétinement. Le conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie (Asters) souligne que la diminution du couvert végétal et le compactage du sol favorisent l’érosion des sentiers.
Pour limiter cette érosion, des opérations de restauration sont en cours, visant à canaliser les flux de piétons et à stabiliser les sols par la replantation d’essences locales.
Conclusion
La popularité croissante du Mont-Blanc soulève des questions sur sa capacité d’accueil. Les autorités locales envisagent des quotas pour préserver cet espace naturel emblématique. Le maire des Contamines, Basile Dunand, souligne : « Nous sommes contents d’avoir du monde qui s’intéresse à la montagne. Mais aujourd’hui, nous sommes dépassés. »
Source : Reporterre



