« Monique Barbut joue aux Lego » : la réforme qui plonge le ministère de la Transition écologique dans le flou

Monique Barbut joue aux Lego : la réforme qui plonge le ministère de la Transition écologique dans le flou

Après son interlude démissionnaire, Monique Barbut va pouvoir mener à bien la réorganisation du ministère de la Transition écologique, entamée en juin. Ce sujet, au cœur des préoccupations du ministère, se révèle d’autant plus pressant après un été 2026 marqué par des canicules et des incendies. Une première préfiguration de cette réforme est attendue pour la fin juillet.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mission « État efficace », lancée en 2025 sous le passage de François Bayrou à Matignon. L’objectif affiché est de rendre le ministère plus lisible, cohérent et mieux préparé face aux contestations croissantes de l’action écologique. Dans une note envoyée aux agents du ministère le 23 juin, la ministre a souligné que les politiques écologiques font l’objet de débats intenses et que renforcer l’organisation est un enjeu majeur.

L’administration centrale, dont l’architecture date de 2008, doit évoluer pour répondre à des missions en constante mutation. Par exemple, la politique de l’eau doit désormais intégrer des enjeux tels que le partage de la ressource, les sécheresses, les inondations et les pollutions sanitaires. Monique Barbut propose la création d’une direction générale de l’environnement (DGE) pour mieux articuler la prévention des risques et la protection de l’environnement, regroupant plusieurs directions actuellement dissociées.

Cependant, cette réforme suscite des inquiétudes. Les syndicats alertent sur un possible choc des cultures entre des services aux approches naturalistes et une culture réglementaire. La DGE, si elle voit le jour, pourrait réduire la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) à des problématiques de logement et d’urbanisme, alors que les défis environnementaux nécessitent une approche intégrée.

Les craintes s’accentuent concernant la réduction des effectifs. Actuellement, la DGALN compte environ 680 fonctionnaires, soutenus par 15 000 agents dans les services déconcentrés. Selon des sources, la future DGE n’aurait que 300 agents, entraînant des changements d’affectation pour plus de la moitié du personnel.

Les syndicats dénoncent un calendrier serré pour cette réforme, annoncée brutalement, alors que le personnel fait déjà face à des charges de travail élevées et des salaires stagnants. De plus, la mise en œuvre de cette réforme est prévue pour le printemps 2027, peu avant l’élection présidentielle, soulevant des interrogations sur la continuité politique et administrative.

Pour certains, Monique Barbut semble politiquement naïve en restructurant le ministère à ce moment critique. L’isolement des compétences environnementales pourrait rendre cette structure vulnérable à des décisions politiques futures défavorables.

Cette réorganisation pourrait refermer une parenthèse ouverte après le Grenelle de l’environnement en 2007, qui avait établi un ministère d’État fort. Depuis, le ministère de la Transition écologique a subi des réductions successives, notamment concernant le portefeuille énergétique, oscillant entre différents ministères selon les gouvernements.

Source : Reporterre

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