Manon Aubry mordue par une vipère : un serpent mal-aimé, moins dangereux qu’on le croit
Après avoir été mordue par une vipère, Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise (LFI), a partagé une photo sur Instagram, la montrant sur un lit d’hôpital, sous perfusion, mais souriante, avec le livre M. Malchance. Cet incident est rare, avec environ 300 mors de vipères recensées chaque année en France métropolitaine, selon la Société de toxicologie clinique.
Dans près de la moitié des cas, les vipères mordent sans injecter de venin, qu’elles réservent pour capturer leurs proies, principalement des amphibiens et petits rongeurs. Elles jouent ainsi un rôle crucial dans la régulation de la biodiversité et apportent une aide à l’agriculture.
Pas de décès depuis plus de vingt ans
Les cas graves liés aux mors de vipères sont exceptionnels. Les estimations les plus pessimistes parlent de 0 à 3 décès par an dus à une envenimation. Selon Loan Pichon, chargée de conservation des vipères à l’Agence régionale de la biodiversité d’Île-de-France, il est très difficile de trouver un cas documenté de décès lié à une mor de vipère en France depuis plus de vingt ans.
Bien que souvent perçues comme dangereuses, les vipères sont davantage menacées par les activités humaines. Depuis 2021, elles sont protégées en France, et il est illégal de les tuer ou de les maltraiter.
Menaces et protection des vipères
Les dérèglements climatiques peuvent perturber leur hibernation et leur reproduction. De plus, l’urbanisation et la destruction des corridors écologiques compromettent leur habitat. Les vipères, peu mobiles, ont une distance de dispersion limitée à environ 500 mètres et un domaine vital d’environ 1 km. En Île-de-France, elles sont classées comme « en danger » sur la liste rouge des reptiles de l’Agence régionale de la biodiversité.
La présence de vipères est souvent un indicateur de la santé de l’environnement. Elles préfèrent les zones proches des haies et des prairies. Cependant, les chaleurs extrêmes peuvent les rendre vulnérables à la déshydratation, avec une température corporelle proche de 40 °C pouvant être fatale.
Que faire en cas de mor ?
En cas de mor, il est conseillé d’appeler les secours et de ne pas tenter d’aspirer le venin. Les symptômes peuvent inclure douleur, gonflement et rougeur, mais l’administration d’antivenin est très rare et se fait en dernier recours, car des réactions allergiques peuvent être plus graves que la mor elle-même.
Source : Société de toxicologie clinique, Agence régionale de la biodiversité d’Île-de-France.



