Crises énergétiques et climatiques : l’Europe doit enfin tourner la page fossile
Cet été, la France et l’Europe ont de nouveau subi les conséquences de leur dépendance aux énergies fossiles. À l’approche du discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen, prévu le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne doit présenter une vision claire pour un avenir européen sans combustibles fossiles.
Les citoyens européens sont doublement affectés par les conflits liés aux énergies fossiles et par le changement climatique. D’une part, les factures d’énergie ont fortement augmenté, en raison des tensions géopolitiques qui ont fait grimper les prix du pétrole et du gaz importés. En France, la facture d’énergie a augmenté de 15 % entre mars et mai 2026, tandis que celle du gaz a bondi de 24 %, forçant de nombreux Français à choisir entre se chauffer ou se nourrir. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Europe dépense environ 450 milliards d’euros par an pour importer des combustibles fossiles, une somme qui profite exclusivement aux producteurs de ces énergies.
En parallèle, des vagues de chaleur records, exacerbées par le changement climatique, ont causé plus de 30 000 décès à travers la France, l’Europe du Sud et l’Europe centrale. Des milliers d’hectares de forêts, de terres agricoles, d’habitations et d’entreprises ont été ravagés par des incendies, entraînant un effondrement des récoltes de 30 à 60 % et mettant à mal le système de santé.
Ces dommages auraient pu être évités si les moyens budgétaires avaient été suffisants et si le droit environnemental avait été correctement appliqué. La dépendance persistante de la France et de l’Europe aux combustibles fossiles, qui représentent encore 60 % de l’énergie consommée en France, souligne une faiblesse structurelle.
Alors qu’il reste quelques mois au président Emmanuel Macron pour agir en faveur du climat, il est attendu qu’il demande à la présidente de la Commission européenne de présenter une feuille de route pour sortir des énergies fossiles lors de son discours sur l’état de l’Union. Pour que cette feuille de route soit crédible, un diagnostic complet est nécessaire pour évaluer le coût réel de cette dépendance, en tenant compte des importations, des chocs de prix, des conséquences sanitaires, des dommages environnementaux et des pertes économiques dues au climat.
Ce rapport devrait aussi cartographier chaque euro de fonds publics dépensé ainsi que les soutiens des banques et investisseurs européens aux combustibles fossiles. Il est crucial de mettre la nature au centre des politiques, d’éliminer les dépenses publiques nuisibles à la biodiversité et d’augmenter les investissements dans les ressources naturelles, qui sont essentielles pour lutter contre le réchauffement climatique.
Depuis 2024, le débat européen a été fragmenté, avec 50 reculs constatés sur les politiques environnementales de l’UE, souvent justifiés par une volonté de « simplification ». L’Union européenne doit remettre la lutte contre le réchauffement climatique au cœur de son agenda politique et œuvrer pour un choc d’investissements en faveur d’une transition écologique.
Source : La Croix

