Loi d’urgence agricole : accaparement de l’eau et graines de discorde dans les territoires 

Loi d’urgence agricole : accaparement de l’eau et tensions dans les territoires

La Commission mixte paritaire a finalisé le texte de la loi d’urgence agricole, qui sera soumis au vote des deux chambres les 20 et 21 juillet prochains. Ce troisième projet de loi en 18 mois suscite de vives inquiétudes, notamment de la part de France Nature Environnement, qui appelle les député·es à voter contre. Selon l’organisation, ce texte met en péril la santé publique et l’accès à l’eau, sans apporter de solutions concrètes pour les agriculteurs et agricultrices.

Le projet de loi est critiqué pour son approche à court terme face aux défis climatiques, risquant de fragiliser la souveraineté alimentaire de la France. Morgane Piederrière, responsable du plaidoyer chez France Nature Environnement, souligne que l’agriculture a besoin d’investissements dans la transition agroécologique et d’un revenu décent pour les paysan·nes, plutôt que de reculs en matière de protection environnementale.

Gestion de l’eau : un risque d’accaparement

Le texte facilite le stockage de l’eau pour l’irrigation, ce qui pourrait favoriser l’accaparement de cette ressource par une minorité d’exploitations intensives. Dans le contexte de sécheresses récurrentes, cette législation pourrait désavantager d’autres usagers et menacer l’accès à l’eau potable. De plus, le démantèlement de la protection des zones humides pourrait entraîner la disparition de près de la moitié d’entre elles, compromettant ainsi leur rôle essentiel dans la régulation des sécheresses et des inondations.

Pesticides : réintroduction des néonicotinoïdes

Le texte valide également la réintroduction de deux néonicotinoïdes, des pesticides reconnus pour leur impact négatif sur les pollinisateurs et la biodiversité. Leur retour est largement contesté, avec plus de deux millions de citoyens ayant exprimé leur opposition l’année dernière. Ce revirement est perçu comme un recul démocratique, car il ignore les préoccupations de la population et des experts.

Le 20 juillet, France Nature Environnement appelle les député·es à voter contre la loi d’urgence agricole, soulignant que la protection de l’eau, de la biodiversité et de la santé publique est essentielle pour garantir une agriculture durable.

Source : France Nature Environnement

Source