La loi d’urgence agricole : une révision controversée au Sénat
3 juillet 2026 à 15h35
La loi d’urgence agricole a été adoptée par le Sénat le 2 juillet 2026, marquant un tournant significatif dans la législation agricole française. Cette version remaniée est perçue par certains comme une « nouvelle loi Duplomb », selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Initialement, le projet de loi visait à renforcer les mes environnementales, mais les sénateurs ont choisi d’aller plus loin en réintroduisant deux insecticides néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradifurone, malgré l’opposition du gouvernement et d’une majorité de députés. Cette réintroduction avait déjà été annulée par le Conseil constitutionnel dans le cadre de la loi Duplomb.
La France fait face à une canicule et à une sécheresse intense, ce qui a conduit les sénateurs à renforcer les mes concernant l’eau. Ils ont doublé l’objectif de stockage d’eau pour l’agriculture d’ici 2030, affirmant ainsi la priorité de l’agriculture sur les autres usages de l’eau, y compris pour les citoyens et la biodiversité.
Les protections des zones humides ont également été affaiblies, alors que ces écosystèmes jouent un rôle crucial dans la régulation de l’eau. De plus, le champ des pollutions à prendre en compte pour protéger les captages d’eau a été réduit, excluant désormais les pesticides interdits. Selon le sénateur écologiste Daniel Salmon, cela pourrait entraîner la sortie de la moitié des captages d’eau potable actuellement prioritaires.
Les mes visant à faciliter le tir des loups ont également été confirmées, aggravant encore les critiques sur le texte, que Monique Barbut a qualifié de « profound remanié ».
Pour que le texte soit définitivement adopté, un compromis doit être trouvé entre sénateurs et députés lors d’une commission mixte paritaire prévue à la mi-juillet, où les débats devraient être animés.
Source : Reporterre
