L’État va-t-il sacrifier un trésor forestier de 9 200 arbres ?
Nogent-sur-Vernisson (Centre-Val de Loire), reportage – Le Domaine des Barres, un arboretum de 280 hectares, abrite une collection de plus de 2 600 espèces d’arbres, dont des thuya aux 80 troncs et des séquoias toujours verts. Ce site, reconnu pour sa biodiversité, est aujourd’hui menacé par la vente d’un pavillon, propriété de l’État depuis près d’un siècle, qui pourrait marquer le début d’un abandon progressif du domaine.
Thierry Genevet, ancien conservateur des collections, souligne l’importance de cet arboretum pour la recherche sur l’adaptabilité des espèces face aux défis climatiques. Les membres de l’association de préservation Valorisons les Barres craignent que cette vente soit un premier pas vers un délitement de l’intégrité du Domaine, déjà fragilisé par un manque de financement et d’entretien.
Bien que ce soit la première fois qu’un bâtiment soit mis en vente, d’autres structures du site restent à l’abandon. Un rapport de 2024, établi par une mission interministérielle, a révélé que l’État ne dispose pas des moyens nécessaires pour entretenir ces bâtiments.
Un abandon progressif de l’État
L’arboretum, qui sert également de terrain d’apprentissage pour les élèves du lycée forestier local, est considéré comme un laboratoire à ciel ouvert. Cependant, des panneaux signalent que plusieurs bâtiments sont désormais des « chantiers interdits au public » en raison de leur état de délabrement.
Des figures historiques, comme Philippe-André Vilmorin, qui a contribué au développement du domaine au 19ème siècle, y ont travaillé. Les membres de l’association souhaitent protéger ces bâtiments, non seulement pour leur valeur architecturale, mais aussi pour leur importance historique.
Conséquences potentielles
Face à la menace de destruction, les membres de l’association envisagent des alternatives, telles qu’un musée de la forêt ou des espaces d’échanges pour chercheurs et entreprises. Ils ont également demandé un classement historique pour les bâtiments menacés et pour l’ensemble du domaine.
Pour l’instant, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu aux sollicitations concernant l’avenir du Domaine des Barres, laissant planer une incertitude sur son sort.
Source : Reporterre
