« L’État ne nous donne pas le choix » : ils s’infiltrent dans une usine à la recherche de pesticides interdits

L’État ne nous donne pas le choix : ils s’infiltrent dans une usine à la recherche de pesticides interdits

Genay (Rhône), reportage — Lundi 29 juin, à 10 heures, une trentaine de Faucheurs et faucheuses volontaires d’OGM se sont introduits dans un entrepôt du site Seveso seuil haut de BASF à Genay, au nord de Lyon. Vêtus de blouses blanches, ils ont mené une nouvelle « inspection citoyenne ». Cette action fait suite à une première inspection réalisée un an auparavant, où un produit à base d’alpha-cyperméthrine, le Stedfast, avait déjà été découvert.

Jean-Luc, membre des Faucheurs volontaires, a déclaré : « Nous y allons car toutes les démarches légales ont été tentées sans succès. L’État ne nous donne pas le choix. » Plusieurs militants ont été contrôlés et conduits à la gendarmerie de Neuville-sur-Saône pour des auditions libres. BASF n’a pas répondu aux questions posées par e-mail.

À l’intérieur de l’entrepôt, les activistes ont photographié des étiquettes de produits. Parmi eux, le Stedfast, qui contient de l’alpha-cyperméthrine, une substance active classée comme présentant une toxicité aiguë et non approuvée au niveau européen depuis 2021. Bien que son utilisation en agriculture soit interdite en France, le Stedfast est considéré comme un biocide puisqu’il est utilisé uniquement contre les termites.

L’action n’a duré que quelques minutes, mais a suscité des réactions. Annick, une autre militante, a réagi : « Tout est fait pour faciliter ces pratiques des entreprises. Ces lois permettent aux industriels de continuer à produire et exporter des substances toxiques. »

Une première inspection sans suite pénale

Suite à la première découverte des Faucheurs en 2025, BASF avait été contraint, par injonction de l’État, de détruire son stock de Fastac, un autre produit phytosanitaire à base d’alpha-cyperméthrine. L’État avait jugé que le retrait de l’approbation de ces substances au niveau européen relevait de motifs liés à la santé humaine ou à l’environnement. Cependant, le collectif s’étonne qu’aucune suite administrative ou pénale n’ait suivi depuis lors.

Des dérégulations en série

À Lyon, des militants de diverses organisations, dont la Confédération paysanne et Générations futures, ont exprimé leurs préoccupations concernant les nombreuses dérégulations en cours sur les pesticides. Parmi celles-ci, un amendement déposé par le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, qui demande la réautorisation de deux pesticides prohibés en France, dont l’acétamipride, interdit depuis 2020.

Des dérogations pour des produits interdits dans l’Union européenne sont également fréquentes, comme pour le dimpropyridaz, utilisé contre les pucerons dans les betteraves sucrières. Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, a souligné que la France est déjà le premier pays d’Europe en matière d’utilisation de pesticides.

En conclusion, les actions des Faucheurs volontaires mettent en lumière des préoccupations croissantes concernant la législation sur les pesticides et la perception que l’État ne prend pas suffisamment en compte les enjeux de santé et d’environnement.

Source : Reporterre

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