« C’est du marketing » : l’imposture des trois nouvelles aires marines

L’imposture des trois nouvelles aires marines protégées

Le 8 juin 2026, le gouvernement français a annoncé la création de trois nouvelles zones maritimes sous « protection forte », situées dans les Terres australes et antarctiques françaises, en Guadeloupe et dans la baie d’Audierne (Finistère). Ces zones couvriront plus de 900 000 km². Cependant, des critiques émergent concernant l’efficacité réelle de cette initiative, qualifiée par certains d’« imposture marketing ».

François Chartier, chargé de campagne océans chez Greenpeace France, souligne que cette démarche semble davantage relever du marketing que d’une réelle volonté scientifique. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) définit des catégories d’aires marines protégées, les plus efficaces étant celles à protection « intégrale » ou « haute », qui interdisent les activités extractives. En revanche, la notion de « protection forte » appliquée par la France manque de définition précise et repose sur des critères flous, rendant difficile l’évaluation des activités interdites dans ces zones.

Pour qu’un réseau d’aires marines protégées soit efficace, il doit être représentatif de différents bassins. La protection de vastes zones dans les Terres australes ne répond pas aux enjeux de conservation en Méditerranée, où des conflits d’usage persistent, notamment autour de la pratique du chalutage de fond. En outre, la création de ces zones contribue à faire passer à 14,8 % la part des eaux françaises sous protection forte, conformément à un engagement pris lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan en juin 2025.

Cependant, un rapport de 2025 réalisé avec des chercheurs du CNRS indique que seulement 1,58 % du domaine maritime français est intégralement ou hautement protégé, chiffre qui tombe à 0,1 % en Méditerranée. Ces données sont bien éloignées de l’objectif de 10 % recommandé par les scientifiques pour une protection stricte des espaces maritimes.

La politique actuelle du gouvernement, axée sur des chiffres, semble inefficace sur le plan environnemental et crée des tensions avec le secteur de la pêche. L’absence de mes de conservation plus ambitieuses pourrait nuire à la restauration des ressources maritimes, essentielles pour soutenir la pêche artisanale.

À l’international, des exemples comme celui de la Polynésie française, qui a récemment approuvé un décret protégeant 520 000 km² d’océan, montrent qu’il est possible d’établir des zones marines intégralement protégées. Ces initiatives soulignent l’importance des voix autochtones et des mes de conservation ambitieuses pour la durabilité des écosystèmes marins.

Source : Reporterre

Source