Les insectes s’écrasent-ils toujours autant contre les voitures ? À vous de compter !

Les insectes s’écrasent-ils toujours autant contre les voitures ? À vous de compter !

Compter les insectes écrasés pour contribuer à la science, c’est l’activité estivale proposée par le Muséum national d’histoire naturelle, l’ONG de protection de la nature Noé et l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). Ces organisations ont lancé l’application Bugs Matter (Les insectes, ça compte), qui permet aux automobilistes de prendre en photo leur plaque d’immatriculation après chaque trajet pour recenser les insectes écrasés.

L’objectif de cette initiative est d’obtenir des données précises sur le déclin des insectes en France. Le processus est simple : avant de partir, il suffit de nettoyer sa plaque, de lancer l’application, puis, une fois arrivé à destination, de photographier la plaque pour y voir les insectes écrasés, ou leur absence, et d’envoyer cette image sur le portail dédié.

Grégoire Loïs, ornithologue et directeur adjoint du programme de sciences participatives Vigie-Nature, souligne que ce programme est accessible à tous, même à ceux qui ne s’intéressent pas particulièrement à la nature. Il permet aussi de confronter les idées reçues sur le déclin des insectes, souvent contesté par ceux qui affirment en voir encore beaucoup sur les routes.

Cartographie des populations d’insectes

Au 1er juillet, environ 5 300 trajets avaient été réalisés, totalisant plus de 400 000 km en France continentale et en Corse. Les chercheurs analyseront chaque photo pour identifier les espèces à partir des traces d’ailes et d’autres parties encore présentes sur les plaques. Cette collecte de données devrait permettre de dresser une cartographie de l’état des populations d’insectes dans l’Hexagone.

En Angleterre, où un programme similaire a été lancé en 2021, une réduction de 20 % par an des insectes écrasés a été observée. Ce chiffre concorde avec des études indiquant une diminution de 70 à 80 % de la population d’insectes en Europe. Bien que le rôle des pesticides agricoles soit établi, ce programme pourrait aider à identifier d’autres facteurs contribuant à ce déclin.

Une dimension pédagogique

Ce type d’application ne se limite pas à la collecte de données ; elle a également une forte dimension éducative. Des recherches antérieures ont montré que les participants à des programmes de sciences participatives, comme l’opération Papillon, deviennent plus conscients des enjeux écologiques. Selon Mathieu de Flores, de l’Opie, de nombreux participants rapportent un changement dans leur comportement, comme une sensibilité accrue à l’environnement après avoir participé à ce type d’initiative.

En conclusion, Bugs Matter offre une occasion unique de sensibiliser le grand public sur le déclin des insectes tout en fournissant des données précieuses pour la recherche scientifique.

Source : Muséum national d’histoire naturelle, ONG Noé, Office pour les insectes et leur environnement (Opie).

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