Les événements climatiques extrêmes constituent une nouvelle violence sociale
Incendies dans les Pyrénées-Orientales, vagues de chaleur qui se multiplient, records de température, sécheresses fragilisant les sols et les fondations : ces phénomènes s’ajoutent à une longue liste d’événements climatiques aggravés que nous connaissons de manière accélérée depuis ces dernières années.
Les projections économiques, bien que nombreuses et légitimes, ne doivent pas effacer les conséquences sociales et humaines. Cette préoccupation a été soulevée lors des rencontres organisées du 2 au 4 juillet par le Cercle des économistes à Aix.
Laisser-faire et déresponsabilisation
Le dérèglement climatique crée une nouvelle forme de violence sociale, profondément inégalitaire. Les événements climatiques extrêmes se cumulent avec des troubles géopolitiques et des difficultés économiques, inscrivant cette violence non seulement dans le matériel, mais aussi dans les corps et les esprits.
L’écoanxiété, qui touche plus de 4 millions de Français, n’est plus un concept abstrait. C’est une souffrance concrète, se manifestant par des insomnies, un état de sidération et un sentiment d’impuissance. Ce constat est particulièrement visible sur le terrain, lors des rencontres avec les sinistrés d’incendies ou d’inondations.
Incitation à l’action
Des inondations à Vaison-la-Romaine en 1992, causant 42 décès, à la tempête Xynthia en 2010, qui a fait 53 morts, ces événements révèlent notre imprévoyance. Selon une carte gouvernementale publiée en 2026, plus de 12 millions de maisons individuelles sont désormais exposées au risque climatique, souvent en raison d’études de sols insuffisantes.
Les débats autour de ces sujets sont ouverts, mais souvent lacunaires. Dans ce contexte, un consensus est nécessaire pour engager des actions concrètes.
Chaque citoyen ou entreprise devrait se familiariser avec le plan national d’adaptation au changement climatique élaboré en 2025. Ce document projette la France à l’horizon 2100 avec une température moyenne en hausse de 4 degrés et inclut 52 projets et 200 actions. L’inaction pourrait entraîner une régression du PIB de 10 %, ce qui constituerait un drame social.
Combattre la fatalité
Le sujet ne devrait pas être un choix entre économique et social, car tous pourraient en être les victimes. Traiter le dérèglement climatique nécessite une approche humaine et collective pour combattre ce qui peut sembler une fatalité.
Source : La Croix
