Résine, fibres de verre. Les épaves polluent la mer et les animaux marins

Résine et Fibres de Verre : Les Épaves Polluent la Mer

Audierne et Plouhinec (Finistère), reportage — Dans l’estuaire du Goyen, entre Audierne et Plouhinec, des épaves de bateaux gisent sur un lit de vase, souvent recouvertes de goémon. Ce cimetière de navires, bien que perçu par certains comme un patrimoine maritime, révèle une réalité inquiétante : une pollution significative.

Des centaines de petits déchets, tels que des morceaux de peinture écaillée et des coques en fibre de verre, tapissent le sol de l’estran. Ce constat a conduit Angie Richard, fondatrice de l’association Floating Stories Lab, à alerter sur l’impact environnemental de ces épaves : « Tout ceci, ce n’est pas du patrimoine. Ce sont des déchets et de la pollution », souligne-t-elle.

Des Microparticules de Résine et de Fibres de Verre

Les cimetières de bateaux sont souvent présentés comme des attractions touristiques. Toutefois, une étude menée par Corina Ciocan, écotoxicologue à l’Université de Brighton, met en lumière la gravité de la situation. Selon ses recherches, des huîtres prélevées dans le port de Chichester contenaient jusqu’à 1 000 particules de fibre de verre par kilogramme. Ces microparticules, relâchées dans l’environnement, affectent la faune marine, notamment le zooplancton.

Conséquences pour la Faune Marine

Les bivalves, exposés à la fibre de verre, présentent des taux de mortalité inquiétants. Corina Ciocan a observé que des organismes marins, comme la puce de mer, mourraient en moins d’une heure après exposition. Elle compare les dangers de la fibre de verre à ceux de l’amiante, notant que son inhalation pourrait entraîner des maladies respiratoires graves.

Recyclage des Épaves : Une Solution Possible

Des initiatives existent pour le recyclage des bateaux en fin de vie. En France, l’Association pour une plaisance écoresponsable (Aper) gère la déconstruction des navires. Cependant, le coût du transport vers les sites de recyclage n’est pas couvert par l’écotaxe, ce qui complique la situation pour de nombreux propriétaires d’épaves.

Angie Richard et son association travaillent à la sensibilisation et à la collecte de données sur ces cimetières de bateaux, espérant ainsi influencer les politiques environnementales et promouvoir un écosystème marin sain.

Source : Reporterre

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