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« Nous n’avons jamais été climatosceptiques », a déclaré Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national (RN) de la Somme, le 28 juin sur BFMTV. Cette affirmation pourrait être interprétée comme une stratégie de communication visant à apaiser les critiques en plein été caniculaire. Le RN avait déjà tenté de se repositionner sur la question écologique en 2025, mais des archives montrent que les membres du parti ont souvent remis en question le consensus scientifique sur le réchauffement climatique.
Il y a trois ans, Marine Le Pen qualifiait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) d’« alarmiste » dans le Journal du dimanche. Plus récemment, Hervé de Lépinau, député du Vaucluse, critiquait sur X les « propagandistes du Giec », suggérant qu’ils pourraient un jour « proposer l’extermination de l’espèce humaine » pour préserver la biodiversité.
« J’emm…de le Giec ! »
En 2023, Philippe Lottiaux, député du Var, se moquait du Giec sur les réseaux sociaux, affirmant que ses rapports ne faisaient pas l’unanimité dans la communauté scientifique. En 2019, il avait même déclaré : « J’emm…de le Giec ! » et suggéré que les experts doivent d’abord s’occuper de la surpopulation.
Le 21 juin, Thomas Ménagé, porte-parole du groupe RN à l’Assemblée, a reconnu qu’il y avait eu des « bêtises » dans le passé. À cette époque, il critiquait déjà le Giec pour ses « exagérations ». Il a également mis en garde contre le risque que les données du Giec nuisent à la qualité de vie des Français.
« Une communication hystérique qui vise à faire peur aux Français »
Le porte-parole Julien Odoul a affirmé le 30 juin que le RN ne s’était pas « trompé dans l’évaluation du risque climatique ». Il a souligné que le parti partageait le constat du changement climatique, mais reste prudent sur les solutions à adopter.
Le RN et les priorités écologiques
Le RN a toujours affiché une volonté de supprimer le Fonds vert, qui soutient la rénovation des infrastructures scolaires, car il « ne permet pas la climatisation ». En 2025, le parti a également voté un amendement pour un moratoire sur le développement de l’éolien et du photovoltaïque.
Les députés du RN ont remis en cause les budgets de l’Agence de la transition écologique, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et ont soutenu la suppression des zones à faible émission.
Au niveau européen, le RN milite pour la « suspension » du Pacte vert, qui vise à atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre en Europe d’ici 2050. Malgré le changement de ton dans leur communication, les actions du RN en matière écologique soulèvent des interrogations sur la sincérité de leur engagement.
Source : Reporterre
