« Nous n’avons jamais été climatosceptiques » : comment le RN a retourné sa veste

Le Rassemblement National change de cap sur le climat : un revirement contesté

Le 28 juin, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National (RN), a déclaré sur BFM TV : « Nous n’avons jamais été climatosceptiques ». Cette affirmation intervient alors que la France traverse un été marqué par des vagues de chaleur extrêmes, ce qui soulève des interrogations sur la sincérité de cette position. Ce changement de discours semble indiquer une stratégie de communication visant à apaiser les critiques sur l’inaction climatique du parti, une manœuvre déjà tentée en 2025.

Cependant, les archives des interventions des élus du RN révèlent des prises de position antérieures qui remettent en question la réalité du changement climatique. En 2020, Marine Le Pen qualifiait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) d’« alarmiste ». De même, le député Hervé de Lépinau affirmait sur le réseau social X que les experts du GIEC pourraient un jour « suggérer l’extermination de l’espèce humaine » en raison de leurs prévisions.

En 2023, malgré une canicule persistante, Thomas Ménagé, porte-parole du groupe RN à l’Assemblée, a critiqué les experts du GIEC, les accusant d’exagérer. Il a également averti que suivre aveuglément leurs recommandations pourrait nuire à la qualité de vie des Français. Ce revirement soulève des questions sur l’évaluation du risque climatique par le RN, que Julien Odoul, un autre porte-parole du parti, a catégoriquement nié.

Ce changement de discours n’est pas sans conséquences. Alors que le RN semble reconnaître l’urgence climatique, il continue de s’opposer à des mes concrètes. Le parti a voté pour un moratoire sur le développement des énergies renouvelables comme l’éolien et le photovoltaïque et a exprimé son intention de supprimer le Fonds vert, un soutien financier pour la transition écologique.

En somme, bien que le RN affiche une nouvelle sensibilité envers les enjeux climatiques, ses actions et ses propositions législatives témoignent d’une incohérence persistante. Ce changement de cap pourrait être perçu comme une tentative de greenwashing, visant à gagner des électeurs tout en maintenant des positions anti-écologiques à l’Assemblée.

Source : BFM TV, Reporterre

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