« C’est une question de survie économique » : Le Relais ferme 4 000 bornes de collecte

Le Relais ferme 4 295 bornes de collecte : une question de survie économique

Le Relais, acteur majeur de la collecte et du tri textile en France, a annoncé la fermeture définitive de 4 295 bornes de collecte sur les 22 000 qu’il gère, une décision qui prendra effet d’ici 2026. Cette initiative survient alors que l’éco-organisme Refashion lance une campagne incitant les consommateurs à déposer leurs vieux vêtements, une situation paradoxale en pleine crise de collecte.

Emmanuel Pilloy, président de Relais France, a expliqué que l’organisation ne pouvait plus collecter au-delà de ses capacités. L’an dernier, 120 000 tonnes de textiles ont été collectées, alors que la capacité de tri ne dépasse pas 90 000 tonnes. Cette situation a conduit à une réduction de 15 000 tonnes, une décision qui entraînera la suppression d’environ 60 emplois en insertion.

Depuis deux ans, Le Relais et d’autres acteurs de la collecte font face à une crise sans précédent, exacerbée par l’augmentation des coûts logistiques et énergétiques. Les bennes débordent de vêtements provenant de la fast-fashion, tandis que les débouchés se réduisent, notamment en raison de la perte de marchés africains. Le coût de collecte peut atteindre 250 euros la tonne, alors que la revente ne rapporte que 150 euros.

Cette décision a suscité l’indignation de nombreuses structures de collecte et de tri, qui craignent que la campagne de Refashion, lancée sans consultation préalable, n’aggrave la situation. Aurore Médieu, responsable de la transition écologique au sein d’ESS France, a qualifié cette initiative de cynique.

Les collectivités locales, quant à elles, cherchent des solutions de substitution face à la fermeture des bornes. Par exemple, l’agglomération de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a exhorté ses habitants à ne pas déposer de textiles dans les ordures ménagères, afin de ne pas perturber le fonctionnement des installations de traitement.

Cette crise survient également dans le contexte d’une réforme du cahier des charges de la Responsabilité élargie du producteur (REP) textile, qui vise à répondre à l’afflux croissant de déchets. Le ministre chargé de la Transition écologique a présenté des orientations pour l’industrialisation d’une véritable filière de recyclage, avec un budget de 250 millions d’euros alloué à ce projet.

Source : Reporterre

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